ASSE : Horneland réclame un sursaut

Eirik Horneland, entraîneur de l’AS Saint-Étienne, lors de la séance d’entraînement à L’Étrat. Crédit : ASSE.

Après la désillusion face au Mans (2-3), Eirik Horneland a appelé à la remise en question collective. Lucide sur les failles de son équipe, le coach stéphanois réclame davantage de régularité et d’exigence, surtout à domicile. Soutenus malgré la défaite, les Verts savent désormais ce qu’attend leur public : une réaction à Annecy pour relancer la marche en avant.

Le film d’une soirée qui a basculé

Geoffroy-Guichard le 18 octobre 2025, plus de 33 000 supporters, un tifo en trois actes réalisé par les Green Angels et l’envie de repartir comme à Montpellier. Le décor était planté. Dès la 1ʳᵉ minute, l’ASSE frôle l’ouverture : Davitashvili glisse le ballon au-delà de Kocik, mais Lucas Buades sauve sur sa ligne.

Le Mans répond vite et frappe juste : à la 21ᵉ, centre de Gueye pour Rabillard, tête au premier poteau, 0-1. Les Verts relèvent la tête grâce à un éclair de Florian Tardieu, coup franc excentré pleine lucarne (28ᵉ). À la pause (45+2ᵉ), tout reste ouvert.

La reprise s’enflamme d’emblée. Miladinovic trouve le poteau en contre (48ᵉ), puis, à l’autre bout, un contact de Ferreira sur Rabillard offre un penalty à Gueye (55ᵉ, 1-2). Le Mans tient son plan : transition rapide, Calodat percute, Larsonneur sauve une première fois (64ᵉ), puis la barre repousse une madjer d’Harhouz (65ᵉ). Sur l’action suivante, centre tendu de Calodat, Harhouz surgit oublié au second poteau : 1-3 (69ᵉ).

Les changements d’Eirik Horneland (Stojkovic, Moueffek, Cardona) redonnent du mordant, un penalty de Stassin provoque l’espoir (79ᵉ) et Tardieu transforme (80ᵉ, 2-3). Stassin a la balle du 3-3 (90ᵉ), contrée par Yohou. Au sifflet final (90+5ᵉ), l’ASSE concède son deuxième revers consécutif à domicile, glisse à la 3ᵉ place derrière Troyes et Pau, et voit le Red Star revenir à hauteur.

« Ce n’est pas acceptable » : le constat sans fard d’Horneland

En zone mixte, Eirik Horneland n’a pas cherché d’excuse. Il a posé les mots d’un entraîneur qui assume et exige. « Le sentiment n’est pas bon, c’est sûr. C’est un deuxième match perdu consécutif à la maison. Ce n’est pas acceptable pour un club comme le nôtre au vu de nos ambitions. Perdre, c’est une chose. Mais nos performances sur ces deux dernières rencontres à la maison ne sont surtout pas suffisantes. » Dans sa lecture, le mal est d’abord collectif : « Nous ne créons pas assez de choses collectivement, on ne construit pas d’attaques coordonnées. On commet trop de pertes de balles, c’est uniquement notre faute. On a des moments clés où l’on ne marque pas, à l’image de la première opportunité de Zuriko Davitashvili ce soir. Nos adversaires, eux, ne manquent pas. Ensuite, on se met la pression tout seuls. »

L’instant-clé, il l’identifie aussi au retour des vestiaires : « En deuxième période, c’est pareil. Igor Miladinovic passe tout proche du but avant que Le Mans ne marque à nouveau. Globalement, on n’a jamais réussi à prendre le match par le bon bout. » Et de replacer cette défaite face au public stéphanois : « Ce stade, cette atmosphère méritent mieux, méritent un bon football pour vibrer. Ça fait deux fois de suite que nous nous inclinons ici. C’est bien trop. On voulait construire sur le succès à Montpellier. Mais ce résultat fait mal. Bravo au Mans, qu’on ne peut que féliciter. Ils ont fait ce qu’il fallait pour nous mettre en difficulté. »

Après le coup, la remise à l’endroit

Au-delà de son agacement, Eirik Horneland pointe la fébrilité de son équipe à domicile et appelle chacun à se remettre en question : « Bien sûr qu’on doit se questionner après deux revers à la maison. Je dois me questionner, les joueurs aussi. On doit avoir une analyse collective pour avancer. Nous ne montrons pas toute la qualité de notre équipe, nous sommes trop fébriles à domicile, trop fragiles. Après dix journées, le bilan n’est pas parfait du tout. À domicile, comptablement, on n’est pas à la hauteur de nos ambitions. Par moments, collectivement, on crée des choses intéressantes. Mais sur la longueur, on manque toujours de régularité. Je ne peux pas me satisfaire ni du bilan comptable, ni de nos performances jusqu’ici. »

Les supporters, eux, ont entendu le message. Le kop sud a parlé aux joueurs, la discussion n’a pas tourné au procès : des mots fermes, puis des chants pour relancer. Place désormais à Annecy, samedi prochain (20 h), au Parc des Sports. Au classement, rien n’est perdu. Mais dans le Chaudron, l’exigence est claire : que le jeu retrouve la tenue que l’ambition réclame.


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Walack Pier Paolo ⎜Content Manager
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