Après plusieurs saisons marquées par des instabilités sportives, l’ASSE féminine abordait l’été 2025 dans un contexte de profonde restructuration impulsée par Kilmer Sports Ventures.
Quelques mois plus tôt, Laurent Mortel, entraîneur de l’équipe depuis juin 2022 et artisan de la remontée du club en Arkema Première Ligue puis du maintien la saison suivante, avait été écarté de ses fonctions à titre conservatoire dans un climat particulièrement tendu.
Le club n’avait alors pas souhaité dévoiler davantage de détails sur les raisons de cette rupture.
Cette décision intervenait alors que les Stéphanoises restaient sur plusieurs lourdes défaites et luttaient pour leur maintien dans l’élite. Son adjoint, Marc-Antoine Brihat, avait alors assuré l’intérim jusqu’à la fin de saison.
C’est dans ce contexte de transition et de reconstruction que Sébastien Joseph était arrivé durant l’été 2025 avec pour mission de relancer la section féminine de l’ASSE. Avec l’ambition affichée de se rapprocher du top 6 de l’Arkema Première Ligue, le club stéphanois avait lancé un vaste chantier lors du mercato avec l’arrivée de quatorze recrues.
Dans les buts, l’ASSE avait misé sur Alice Pinguet. En défense, Ina Kristoffersen, Aleksandra Gajic, Kédie Johnson, Hallie Meadows, Héloïse Mansuy puis Moira Kelley, arrivée lors du mercato hivernal, étaient venues renforcer l’effectif stéphanois. Au milieu de terrain, Rachel Corboz, Deborah Bien-Aimé et Laura Hermann avaient rejoint le Forez afin d’apporter davantage de maîtrise et d’expérience dans l’entrejeu.
Enfin, offensivement, Sofie Hornemann et Nikolina Istocki devaient permettre aux Stéphanoises de régler leurs difficultés offensives, avant les arrivées hivernales de Tyler Isgrig et Kaylan Bradford-Williams pour renforcer un secteur en manque d’efficacité.
Malgré cette importante refonte d’effectif, les résultats ne se sont jamais réellement améliorés. En grande difficulté dans le jeu et pire attaque du championnat après quatorze journées, les Stéphanoises ont rapidement plongé dans une spirale négative dans la course au maintien.
Le club s’est également renforcé en interne avec l’arrivée du recruteur Benoît Ragazzini durant le mercato hivernal, preuve d’une volonté de structurer davantage la section féminine sur le long terme.
Malgré ces changements, les Amazones sont restées engluées dans le bas du classement jusqu’aux événements survenus après le derby perdu face à l’OL Lyonnes à Décines, qui ont conduit, quelques semaines plus tard, au licenciement de Sébastien Joseph.
Successeur de Sébastien Joseph, Yannick Chandioux n’est pas parvenu à maintenir l’ASSE féminine, qui évoluera en seconde division après son match nul face au FC Fleury 91, qui a eu lieu ce mercredi 6 mai 2026.
« Il n’y avait pas de directeur sportif », regrette Sébastien Joseph
« Certaines recrues avaient clairement le niveau du top 6, comme Sofie Hornemann. On voulait aussi apporter davantage d’impact athlétique avec des joueuses comme Kédie Johnson ou Aleksandra Gajic. À l’ASSE, la section féminine dépend de l’association et non de la SAS. Ce n’est pas la même cellule de recrutement et il n’y a pas de directeur sportif. J’avais demandé l’arrivée d’un directeur sportif à Kilmer Sports mais cela n’a jamais été fait. Je me suis retrouvé confronté à des freins internes.
« Le recrutement était compliqué pour plusieurs raisons. Déjà parce que le club sortait d’une saison très difficile. Ensuite, parce que l’ASSE a une très mauvaise réputation dans le football féminin professionnel auprès de certaines joueuses et de nombreux agents. Quand on regarde les mouvements de joueuses sur plusieurs années, il y en a énormément. Ce n’est pas un hasard. Sur le marché français, beaucoup de portes se sont fermées et on a dû se tourner vers l’international. Sur certains postes, on est même allés jusqu’aux 9e ou 10e choix. »
Source : Poteaux Carrés
En savoir plus sur TRIBUNE STÉPHANOISE
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
