L’AS Saint-Étienne a officialisé la nomination d’Ian Cathro en tant que nouvel entraîneur, en remplacement de Philippe Montanier. L’Écossais a signé un contrat courant jusqu’en 2028.
Âgé de 39 ans, Cathro présente un parcours marqué par une reconversion précoce : contraint d’arrêter sa carrière de joueur en raison d’une blessure, il s’est orienté vers l’entraînement dès l’adolescence, fondant notamment sa propre structure de développement technique.
Sa carrière d’entraîneur adjoint l’a conduit dans plusieurs championnats européens : au Portugal avec Rio Ave, en Espagne à Valence, en Angleterre à Newcastle, Wolverhampton et Tottenham, puis en Arabie saoudite avec Al-Ittihad. Il a notamment collaboré avec les entraîneurs Rafael Benítez et Nuno Espírito Santo, et travaillé avec des joueurs tels qu’Hugo Lloris, Harry Kane, Son Heung-min, Karim Benzema ou N’Golo Kanté.
C’est au Sporting Estoril Praia, au Portugal, qu’il a occupé son premier poste d’entraîneur principal. Le club, traditionnellement engagé dans la lutte pour le maintien, a affiché des résultats en progression sous sa direction, ce qui aurait, selon des sources proches du dossier, convaincu les dirigeants de Saint-Étienne de lui confier le projet sportif du club.
À Estoril, il a voulu chasser la peur
Dans plusieurs prises de parole publiques, Ian Cathro a régulièrement évoqué la notion de peur comme axe central de sa philosophie d’entraîneur. Lorsqu’il prend les commandes d’Estoril à l’été 2024, le club vient de terminer une saison à proximité de la zone de relégation de Primeira Liga.
Dans un entretien accordé à la BBC, Cathro a déclaré que son objectif n’était pas d’enchaîner quelques bons résultats avant de rejoindre un club plus ambitieux, mais d’aider Estoril à s’installer durablement dans une position stable au classement.
Sur le plan sportif, Estoril a terminé huitième de Primeira Liga à l’issue de la saison 2024-2025, puis dixième la saison suivante. Le club avait terminé dans la moitié inférieure du classement lors des exercices précédant l’arrivée de Cathro.
Ian Cathro : « jouer sans peur »
Au-delà des résultats, Cathro a régulièrement mis en avant une identité de jeu comme priorité de son projet. Après une défaite 3-1 sur la pelouse du Sporting Portugal en mars 2025, l’entraîneur avait, en conférence de presse, orienté ses réponses vers les aspects tactiques et les principes de jeu de son équipe plutôt que vers le seul résultat.
Il avait alors indiqué que son équipe cherchait à proposer un football capable de rivaliser avec les meilleures équipes tout en maintenant ses principes de jeu.
Dans un entretien accordé à World Soccer, il avait par ailleurs déclaré ne pas se reconnaître dans les équipes dont le plan de jeu repose principalement sur un bloc défensif bas en attente de transitions ou de phases arrêtées. Il avait également affirmé qu’une équipe devait, selon lui, accepter le risque et assumer son identité quelle que soit la valeur de l’adversaire.
Une idée qui pourrait résonner à Saint-Étienne
L’AS Saint-Étienne aborde cette nouvelle étape dans un contexte de reconstruction. Le club évoluera une nouvelle fois en Ligue 2 avec l’objectif affiché de retrouver l’élite du football français. Si les premiers mois d’Erik Horneland avaient séduit une partie des supporters grâce à ses principes de jeu et à son identité footballistique, Ian Cathro devra désormais imprimer sa propre vision et mettre en place ses méthodes afin de guider les Verts vers leurs ambitions de remontée.
Lors de sa présentation, le technicien écossais a davantage insisté sur des priorités liées au travail quotidien, à la progression individuelle des joueurs, à la construction d’une identité de jeu forte et à la notion de courage, un thème revenu à plusieurs reprises dans son discours.
L’ancien entraîneur d’Estoril a notamment expliqué avoir été séduit par la possibilité de bâtir une équipe dotée d’une identité claire, capable de savoir ce qu’elle veut faire sur le terrain et de continuer à avancer malgré les difficultés. Une vision qui devrait constituer l’un des fondements de son projet sportif à l’AS Saint-Étienne.
L’entraîneur a par ailleurs régulièrement employé l’expression « fighting spirit » dans ses prises de parole pour désigner ce qu’il présente comme un état d’esprit collectif fondé sur l’engagement, la capacité à surmonter les échecs et la confiance au sein du groupe.
Plus qu’un système, un état d’esprit
Le président de l’ASS, Ivan Gazidis, a indiqué avoir été convaincu par la capacité de l’entraîneur écossais à donner une direction claire à un groupe, à faire progresser les joueurs individuellement et à mettre en place un environnement de travail exigeant.
Dans ses prises de parole publiques et au regard de son travail à Estoril, Ian Cathro a régulièrement présenté la construction d’une identité de jeu collective comme une priorité avant les résultats à court terme.
Lors de sa présentation à Saint-Étienne, il n’a pas détaillé de dispositif tactique précis, préférant insister sur des notions telles que l’état d’esprit, la progression et la confiance collective. Des thématiques qu’il avait déjà placées au centre de son projet lors de son passage au club portugais.
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