La défaite concédée à Rodez (2-1), le week-end dernier, a fragilisé la position au classement des Verts (57 points) dans la course à la montée directe. Dans le même temps, Le Mans (59 points) a été tenu en échec à domicile par le Stade de Reims, laissant un écart de deux points avant la dernière journée. Une situation compliquée, mais encore jouable.
Parce que malgré ce revers, l’ASSE garde une chance de monter directement en Ligue 1. Les Stéphanois devront battre Amiens à Geoffroy-Guichard et espérer un faux pas du Mans sur la pelouse de Bastia.
Deux cas de figure peuvent alors faire basculer les Verts à la deuxième place : une victoire stéphanoise combinée à une défaite mancelle, ou un succès avec au moins deux buts d’écart si Le Mans concède un nul.
De son côté, Bastia (28 points) joue encore sa survie et vise une place en barrage, ce qui promet d’être un week-end loin d’être sans enjeu.
Le poids du règlement : le goal-average pourrait devenir décisif pour l’ASSE
Dans une fin de saison aussi serrée, les détails prennent une importance capitale. En cas de match nul du Mans et de victoire de l’ASSE, les deux équipes termineraient à égalité parfaite avec 60 points. Le départage se ferait alors selon la différence de buts générale, actuellement à l’avantage des Manceaux, avec un écart d’un but.
Une victoire stéphanoise par la plus petite des marges permettrait de combler ce retard, mais conduirait à une égalité parfaite.
Dans ce cas, le règlement prévoit de recourir aux confrontations directes, critère favorable au Mans, vainqueur 3-2 à Geoffroy-Guichard avant de tenir le nul (0-0) à Marie Marvingt. La conclusion, pour espérer devancer son concurrent en cas de nul, Saint-Étienne devra s’imposer avec au moins deux buts d’écart.
L’AS Saint-Étienne pourrait rejoindre le cercle très fermé des équipes promues malgré un nombre élevé de défaites
Si la situation sportive actuelle de l’ASSE peut susciter des inquiétudes, elle reste loin d’être totalement inédite. Ces dernières saisons, les équipes ayant décroché une montée directe en Ligue 1 se sont avant tout appuyées sur une grande régularité tout au long de l’exercice.
Toulouse FC n’avait concédé que cinq défaites lors de sa montée en 2021-2022. Le Havre AC avait fait encore mieux avec seulement trois revers en 2022-2023. Derrière, AJ Auxerre avait validé son retour dans l’élite avec six défaites en 2023-2024, tandis que FC Lorient et le Paris FC avaient eux aussi construit leur accession en 2024-2025 sur une forme de solidité, avec sept défaites chacun.
Une exception ressort toutefois clairement de cette tendance : Angers SCO. En 2023-2024, le club angevin était parvenu à monter malgré dix défaites au compteur. Un cas particulier, qui rappelle qu’une saison parfois irrégulière n’empêche pas forcément une accession directe.
À condition, surtout, de savoir répondre présent dans les moments décisifs. Une réalité qui fait forcément écho au parcours actuel de l’AS Saint-Étienne, déjà battue à dix reprises cette saison, mais encore en vie dans la course à la montée.
Mai 2024 : cette dernière journée qui aurait pu envoyer les Verts en Ligue 1
Le parallèle avec la saison 2023-2024 revient forcément dans les esprits. Avant la dernière journée, une seule certitude existait : AJ Auxerre était déjà assurée du titre de champion. Derrière, Angers SCO et AS Saint-Étienne se disputaient à distance la deuxième place, synonyme de montée directe en Ligue 1.
Les Verts, alors entraînés par Olivier Dall’Oglio, se déplaçaient sur la pelouse de Quevilly avec la mission de s’imposer et espérer un faux pas angevin. « L’équation est simple : nous devons battre QRM. C’est notre seule mission », expliquait le technicien stéphanois en conférence de presse. Il insistait également sur l’importance du soutien populaire dans ce type de rendez-vous, évoquant une énergie capable de transcender son équipe dans un moment aussi décisif.
En face, Angers SCO abordait ce sprint final avec davantage de sérénité et de maîtrise. Son entraîneur, Alexandre Dujeux, refusait de modifier ses habitudes malgré l’enjeu. « On a un cadre, un plan de jeu. Il ne faut pas tout bouleverser », expliquait-il, tout en appelant ses joueurs à conserver leur calme et à garder la tête froide dans un contexte sous pression.
Deux rencontres, un verdict clair et sans appel
Sur le terrain, les scénarios ont rapidement pris des directions opposées. Au Stade Raymond-Kopa, Angers SCO a assuré l’essentiel sans réellement trembler, en concédant un match nul face à Dunkerque (0-0), un résultat suffisant pour sécuriser sa deuxième place et valider sa montée directe.
Dans le même temps, du côté de Quevilly, l’AS Saint-Étienne a vu ses espoirs s’effondrer. Battus 2-1, les Verts ont laissé filer une opportunité qui semblait encore accessible avant la rencontre.
Au coup de sifflet final, Côté angevin, Alexandre Dujeux évoquait avant tout un immense soulagement, saluant un groupe capable d’aller chercher cette montée « au plus profond de lui-même ».
À Saint-Étienne, Olivier Dall’Oglio regrettait notamment le manque d’efficacité de son équipe, pointant « trop d’occasions non converties » et appelant ses joueurs à davantage de simplicité dans le jeu.
Malgré cette immense déception, le technicien stéphanois tentait néanmoins de conserver de la lucidité. Il rappelait qu’une autre possibilité de montée existait encore à travers les play-offs, avec l’obligation, déjà, de rebondir rapidement.
Un scénario qui se répète, une autre fin à écrire pour les hommes de Philippe Montanier
Deux ans plus tard, le parallèle saute aux yeux. Comme Angers SCO en 2024, une équipe comptant dix défaites reste malgré tout en course pour la montée. Une nouvelle fois, tout se joue lors d’une dernière journée sous très haute tension. Les visages changent, mais le scénario reste sensiblement le même.
AS Saint-Étienne se retrouve ainsi face à un tournant qu’elle avait pourtant les moyens d’éviter.
Désormais, il n’y a plus vraiment de calcul à faire : il faut répondre présent. Là où Angers avait su garder son calme et maîtriser ses émotions, les Verts doivent désormais transformer une opportunité en accession. Samedi soir, le Stade Geoffroy-Guichard aura forcément un rôle à jouer.
Après Rodez, Irvin Cardona prévenait déjà : « Il faudra se battre jusqu’à la fin. » Dennis Appiah évoquait lui de la « colère », tout en assurant : « On n’est pas abattus. » De son côté, Philippe Montanier insistait sur la nécessité de « ne rien lâcher ».
Présent en conférence de presse ce jeudi, Dennis Appiah a lui aussi fait le parallèle avec ce précédent de 2024 au moment d’évoquer la réception d’Amiens. Le défenseur stéphanois a insisté sur la nécessité de retrouver davantage d’intensité et de rythme : « Il va falloir retrouver beaucoup d’engagement, d’allant. On doit mettre du rythme pour retrouver de la profondeur et de la vitesse. »
Puis, en revenant sur le souvenir du match face à Quevilly, déjà relégué à l’époque, il a rappelé une leçon encore bien présente dans les esprits : « Avant d’affronter Quevilly qui était déjà relégué, on m’avait demandé la même chose. On a bien vu qu’il fallait d’abord se concentrer sur nous. »
Des mots qui traduisent parfaitement l’état d’esprit attendu avant cette dernière journée : ne pas se disperser, ne pas regarder ailleurs, et avant tout faire le travail sur le terrain.
Dans ce type de rendez-vous, le classement finit parfois par peser moins lourd que la capacité à gérer la pression, les émotions et tout ce qui entoure un match décisif. Une réalité qu’Alexandre Dujeux expliquait déjà en 2024 lorsqu’il évoquait la nécessité de « garder les idées claires ». À l’inverse, Olivier Dall’Oglio regrettait, lui, de ne pas avoir vu cette maîtrise émotionnelle se traduire sur le terrain au moment décisif.
En 2024, l’AS Saint-Étienne avait laissé passer sa chance au pire mоment․ Deux ans plus tard, les Verts se retrоuvent face à une situatiоn similaire․ Il reste 90 minutes à jоuer․ Dans le fооtball, cela peut parfоis suffire pоur renverser une saisоn entière, inverser une dynamique et changer le destin․ Rien n’est encоre décidé․ Tоut reste pоssible pоur Saint-Étienne․
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