La dernière danse d’Eirik Horneland se joue dans un Stade Geoffroy-Guichard loin d’être plein, mais loin d’être silencieux. Dès l’annonce des compositions, le technicien norvégien est sifflé par le kop sud, pendant que le kop nord encourage ses joueurs. Le décor est planté : celui d’un club sous tension, à la veille d’un tournant.
Sportivement, AS Saint-Étienne n’a pourtant pas d’alternative. Battus à Reims une semaine plus tôt, les Verts doivent s’imposer face à US Boulogne Côte d’Opale pour rester au contact du haut de tableau et profiter de la nouvelle défaite de Troyes dans l’après-midi. L’enjeu est clair : gagner, ou basculer un peu plus dans la crise.
Mais ce rendez-vous arrive dans un contexte délétère. La cascade de blessures se poursuit avec les absences de Jaber et Lamba, obligeant Horneland à un nouveau bricolage défensif. Malgré l’officialisation du prêt d’Abdoulaye Kanté, première recrue hivernale, l’ASSE aborde cette 21ᵉ journée fragilisée, déséquilibrée et contestée.
Une première période qui fait basculer la soirée
Dès le coup d’envoi, le match s’installe dans un climat nerveux. Les fautes techniques s’enchaînent, le jeu peine à se fluidifier et Boulogne exploite la moindre approximation stéphanoise. Très vite, les Nordistes frappent. À la 8ᵉ minute, une perte de balle dans les trente mètres adverses se transforme en contre éclair. El Farissi déborde côté droit et sert Lecolier, qui ajuste Larsonneur. Le Chaudron se fige : 0-1.
Derrière, Saint-Étienne tente de réagir. Quelques mouvements intéressants émergent, notamment sur les côtés, mais le manque de justesse dans le dernier geste empêche toute égalisation. Cardona et Stassin se procurent des situations, sans parvenir à cadrer. En face, Boulogne reste dangereux en transition et frôle le break à plusieurs reprises.
Puis, le scénario vire au cauchemar. Déjà averti, Ferreira est expulsé à la 27ᵉ minute après un second carton jaune. Les Verts se retrouvent à dix, et le doute s’installe un peu plus. Malgré tout, Saint-Étienne montre un visage plus entreprenant en infériorité numérique, avec Moueffek repositionné latéral droit, et quelques situations intéressantes en fin de période.
Mais Boulogne conserve la main. Juste avant la pause, les visiteurs se créent deux énormes occasions, obligeant Nadé à un sauvetage décisif et Gourville à manquer le cadre de quelques centimètres. À la mi-temps, l’ASSE est menée, réduite à dix, et déjà au bord de la rupture.
Une seconde période indigente sous les sifflets
La reprise n’inverse rien, bien au contraire. Menée et réduite à dix, l’AS Saint-Étienne entame la seconde période sans urgence ni révolte. Les entrées d’El Jamali et de Davitashvili visent à apporter du mouvement, mais le jeu stéphanois reste confus, imprécis, souvent brouillon dans les trente derniers mètres.
Très vite, les occasions manquées plombent un peu plus l’ambiance. À la 52ᵉ minute, Stassin, seul à sept mètres du but après un excellent service de Boakye, tergiverse et ne frappe jamais. Une action symptomatique d’une équipe tétanisée, incapable de faire les bons choix dans les moments clés. Quelques minutes plus tard, Boakye tente d’alerter Davitashvili en contre, mais le centre manque de tranchant et la défense boulonnaise s’en sort sans difficulté.
Au fil des minutes, le constat s’impose. Plus le temps passe, plus les Verts s’éteignent. Les fautes techniques s’accumulent, les transmissions manquent de rythme, et la possession devient stérile. En face, les joueurs de l’US Boulogne gère intelligemment son avance, sans se découvrir, tout en restant dangereux en contre. Fatar et Fatou passent à plusieurs reprises tout près du break, obligeant Larsonneur à s’employer pour éviter une addition plus lourde.
Les changements successifs n’y changent rien. Davitashvili tergiverse à son tour à bout portant, Old cède sa place sans avoir réellement pesé, et les dernières minutes se jouent dans une atmosphère délétère. Les tribunes grondent, puis sifflent, sans retenue. À chaque perte de balle, à chaque contrôle manqué, la rupture entre le public et son équipe se creuse un peu plus.
Au coup de sifflet final, Geoffroy-Guichard explose de colère. Cette défaite face à Boulogne, au terme d’une prestation sans âme, scelle une dernière catastrophique pour Eirik Horneland. Incapables de s’appliquer, de se rebeller ou simplement de cadrer un tir au moment opportun, les Verts quittent la pelouse sous les huées. Une soirée de plus à classer parmi les symboles d’un mois de janvier gâché — et peut-être d’une crise désormais ouverte.
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