Yvan Neyou revient sur sa mise à l’écart à l’ASSE, entre rumeurs, perte de statut et départ forcé après la CAN 2022. Un récit sincère d’une fin d’aventure douloureuse. Photo : ASSEofficiel
De la finale de Coupe à l’exil : Neyou décrit son passage à Sainté
Arrivé à l’ASSE à l’été 2020, Yvan Neyou avait tout pour écrire une belle histoire. Révélation dès la finale de Coupe de France face au PSG, Neyou s’impose rapidement dans le milieu rajeuni voulu par Claude Puel. Sa première saison laisse entrevoir un joueur mobile, technique et pleinement intégré au projet. Pourtant, tout bascule après son retour de la CAN 2022 : soudain mis à l’écart, sans explication claire selon lui, il perd sa place et voit son image se brouiller auprès d’une partie du public. Accusé à tort de nonchalance, il dit avoir souffert de cette incompréhension, au point d’être « limite en dépression ». La relégation, puis la nécessité de réduire la masse salariale, scellent définitivement son départ malgré son souhait de rester. Prêté à Leganés avant d’y être transféré en 2023, il quitte Saint-Étienne avec un sentiment d’inachevé et la conviction de n’avoir jamais cessé d’être professionnel.
L’ancien milieu de terrain camerounais s’est exprimé sur sa situation, comme il l’a confié à nos confrères de So Foot.
Pas Neymar, juste Neyou. ASSEofficiel.
L’ancien milieu des Verts décrit une fin d’aventure éprouvante
Quand Yvan Neyou évoque la fin de son aventure à Saint-Étienne, ses mots trahissent une période lourde, presque suffocante. Selon lui, il a vécu « limite en dépression à la fin », tant sa mise à l’écart a été soudaine et difficile à comprendre. Du jour au lendemain, il n’était plus dans les plans, sans véritable explication, comme si tout ce qu’il avait construit disparaissait d’un coup.
Pourtant, ce brusque changement, il ne l’a jamais provoqué. Neyou insiste : « À aucun moment je ne suis parti dans le bureau pour demander à partir, jamais de la vie ! » Il voulait continuer, s’accrocher, mais il a simplement vu les portes se refermer sans pouvoir les rouvrir. C’est d’ailleurs ce sentiment d’injustice qui lui a laissé un goût amer.
Ce qui le touche encore davantage, c’est la manière dont son image s’est progressivement abîmée. Il raconte combien il souffrait de voir certains supporters se faire une idée fausse de lui : « On pense que je suis un branleur, que je m’en fous, alors que ça n’a rien à voir. » Il se voyait, au contraire, comme un joueur investi, concentré, prêt à se battre. Mais les bruits qui circulaient racontaient autre chose, et il n’a jamais eu l’occasion de donner sa version.
Le tournant apparaît clairement à son retour de la CAN. Il pensait retrouver naturellement sa place, mais Pascal Dupraz, nommé sur le banc, lui tient un discours frontal : « Écoute, t’es parti à la CAN, il y a des milieux qui étaient là, ils ont fait le boulot… donc je ne vois pas pourquoi tu repasserais devant eux. J’ai pas besoin de toi. » On l’envoie alors en réserve, loin du groupe professionnel. Lui qui, parfois, portait le brassard se retrouve soudain simple spectateur.
Ce contraste brutal le marque profondément. Il se souvient de ces coéquipiers lui répétaient : « Yvan, si tu continues comme ça, tu vas jouer la Ligue des champions l’année prochaine. » Et quelques semaines plus tard, il n’est même plus dans le groupe. Une chute vertigineuse, presque irréelle.
C’est après le départ de Claude Puel que tout change. « On dirait que je suis passé du tout au rien », résume-t-il. Une phrase qui traduit parfaitement cette sensation d’être effacé, oublié, sans raison valable.
Avec le recul, il décrit ce mécanisme comme un processus presque mécanique : « Si tu veux tuer ton chien, tu dis qu’il a la rage. » À ses yeux, une fois catalogué, les rumeurs ont fait le reste. Et face à leur accumulation, il a choisi le silence. « Il y a eu tellement de choses qui sont sorties sur moi… j’ai même pas parlé une fois. »
Ainsi, lorsqu’il quitte Saint-Étienne, ce n’est ni dans la colère ni dans la révolte, mais dans la résignation. Il confie être parti « la tête basse », avec le regret d’une histoire qui aurait pu être belle, mais qui s’est achevée dans l’incompréhension.
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