L’ASSE sans réaction face à Annecy

João Ferreira, titularisé sur le flanc droit, lors du déplacement des Verts sur la pelouse du FC Annecy.

Rien n’a tourné dans le bon sens pour l’ASSE à Annecy. Réduits à dix dès le premier quart d’heure après l’expulsion de Miladinovic, les Verts ont sombré face à un FC Annecy plus tranchant et inspiré. Battus 4-0, les hommes d’Eirik Horneland concèdent leur deuxième défaite consécutive et voient leurs certitudes vaciller. Une prestation sans relief, loin des ambitions affichées, qu’il faudra vite effacer avant la réception de Pau.

L’ASSE attendue au tournant

Les Verts repartent sur les routes avec une mission claire : rebondir. Une semaine après leur revers à domicile face au Mans (2-3), les hommes d’Eirik Horneland se déplacent ce samedi soir (20h) au Parc des Sports d’Annecy, pour y affronter le FC Annecy, dans le cadre de la 11ᵉ journée de Ligue 2. Une rencontre particulière à plus d’un titre, marquée par la réouverture du stade annécien, flambant neuf après plusieurs mois de travaux, et par la forte mobilisation des supporters stéphanois, bien décidés à pousser leur équipe vers un nouveau départ.

Fermé depuis mai pour rénovation, le Parc des Sports d’Annecy va retrouver la compétition ce samedi. Une pelouse hybride toute neuve, un éclairage modernisé et une piste d’athlétisme refaite : le chantier a redonné un coup d’éclat à cette enceinte inaugurée en 1964. Pendant la durée des travaux, le FCA avait dû se délocaliser à Dijon, sans grand succès : aucune victoire en quatre rencontres à domicile (trois nuls, une défaite).

Pour ce retour à la maison, les tribunes seront pleines. Mieux encore, elles seront largement teintées de vert. Plus de 2 500 supporters stéphanois ont pris place dans un parcage agrandi, sans compter ceux passés par la billetterie classique. La ferveur stéphanoise, fidèle à sa réputation, s’annonce une nouvelle fois au rendez-vous.

Après dix journées, Saint-Étienne pointe à la 3ᵉ place du classement, une position honorable mais en deçà des ambitions affichées. L’équipe, bâtie pour jouer la montée directe, peine encore à trouver une véritable stabilité. Les deux revers concédés à domicile (Guingamp puis Le Mans) ont fragilisé la dynamique et révélé les failles d’une défense en constante recomposition.

L’absence prolongée de Maxime Bernauer (suspendu) et de Chico Lamba (blessé) complique la tâche d’Eirik Horneland, contraint de bricoler derrière. Le Norvégien a tout de même pu enregistrer le retour de Dylan Batubinsika, attendu pour ramener un peu d’assise. Pour le reste, le technicien reconduit la même ossature que face au Mans, espérant une réaction collective après plusieurs prestations en demi-teinte.

Si les Verts voyagent bien cette saison, l’historique récent à Annecy ne plaide pas en leur faveur. Aucun succès pour Saint-Étienne lors de ses deux derniers passages au Parc des Sports en Ligue 2 (une défaite 2-1 en 2022, un nul 1-1 en 2023). Cette fois, l’enjeu dépasse la statistique : il s’agit de rétablir la confiance avant d’aborder un mois de novembre chargé.

Avec une possession moyenne de 63 % et une attaque parmi les plus prolifiques du championnat (19 buts en 10 matchs), l’ASSE reste un favori crédible à la montée. Mais pour cela, il faudra retrouver la rigueur qui lui échappe depuis plusieurs semaines. Comme l’a résumé Horneland en conférence de presse : « Nous devons apprendre à gagner à nouveau ensemble. Cela passe par de la cohérence, de la patience et du courage. »

À Annecy, c’est donc un double défi qui attendais les Stéphanois : retrouver la solidité perdue et offrir enfin un match plein à leurs supporters, venus en nombre pour ce rendez-vous qui s’annonce sous haute intensité.

Les Verts sombrent avant la pause

C’est une première période cauchemardesque pour l’AS Saint-Étienne. À la pause, les Verts sont menés 1-0 sur la pelouse d’un Parc des Sports d’Annecy trempé par la pluie, après quarante-cinq minutes marquées par la fébrilité, l’imprécision et surtout une expulsion précoce d’Igor Miladinovic, qui a laissé ses partenaires à dix dès le premier quart d’heure.

Le match démarrait pourtant dans une belle ambiance, portée par les 2 500 supporters stéphanois ayant fait le déplacement. Mais dès les premières minutes, les hommes d’Eirik Horneland se montraient empruntés sur une pelouse gorgée d’eau, incapables d’enchaîner les passes. Larsonneur était le premier à s’employer, repoussant un tir puissant de Tiendrebeogo dès la 5ᵉ minute. Quelques instants plus tard, le FC Annecy concrétisait sa domination : un centre fuyant de Billemaz traversait la surface et trouvait Larose, seul au second poteau, qui poussait le ballon au fond (6ᵉ). 1-0 pour Annecy, et déjà beaucoup de doutes côté stéphanois.

Les Verts pensaient réagir rapidement grâce à Zuriko Davitashvili, servi dans la profondeur par Miladinovic (8ᵉ), mais le but géorgien était refusé pour un hors-jeu logique. La suite tournait au cauchemar : Miladinovic, justement, ratait un contrôle plein axe avant de tacler dangereusement Billemaz. Après quelques secondes d’hésitation, Karim Abed sortait le carton rouge (14ᵉ). Réduite à dix, l’ASSE devait revoir tous ses plans.

Annecy profitait de sa supériorité numérique pour accentuer la pression. Larsonneur, vigilant, sauvait les siens à plusieurs reprises face à Paris (25ᵉ) puis sur un centre vicieux de Larose (24ᵉ) qui frôlait le but du 2-0. Les Stéphanois tentaient bien de relever la tête, cherchant à poser le jeu malgré leur infériorité. Tardieu et Boakye tentaient de lancer quelques offensives, mais l’alignement parfait de la défense annécienne les prenait systématiquement au piège du hors-jeu (39ᵉ).

La plus grosse occasion verte intervenait en fin de période : parfaitement servi par DavitashviliLucas Stassin se présentait seul face à Callens, mais le portier annécien remportait son duel d’une superbe parade (43ᵉ). Une action symbolique d’une première mi-temps où rien n’aura souri aux Stéphanois.

À la pause, les Verts rentrent au vestiaire menés 1-0 et réduits à dix. Une entame cataclysmique qu’il faudra vite effacer s’ils veulent espérer ramener quelque chose de ce déplacement en Haute-Savoie.

Les Verts sombrent à Annecy

Revenus sur la pelouse avec l’espoir de réagir malgré leur infériorité numérique, les Stéphanois ont rapidement déchanté. Dominés dans tous les secteurs du jeu, les hommes d’Eirik Horneland ont vécu une seconde période cauchemardesque au Parc des Sports d’Annecy, conclue sur un lourd revers 4-0.

Le discours de Mickaël Nadé à la pause : « C’est à nous de renverser le match avec courage », qui n’aura pas suffi à remobiliser une équipe en plein doute. Dès la reprise, les Annéciens reprenaient le contrôle du ballon, multipliant les incursions sur les côtés. Billemaz semait la panique sur son aile, Paris manquait de peu le cadre (52ᵉ), et dans la foulée, les Stéphanois réclamaient un penalty pour une faute évidente de Callens sur Stassin (53ᵉ), non sifflée par Karim Abed. Une décision qui symbolisait la frustration du soir.

Peu après l’heure de jeu, Annecy allait sceller le sort du match. Sur un centre parfait de TouréParis surgissait au premier poteau pour tromper Larsonneur (67ᵉ). Trois minutes plus tard, sur un corner mal repoussé, Touré poussait à son tour le ballon dans le but vide (71ᵉ). En quelques instants, les Verts craquaient complètement.

Horneland tentait bien de réagir avec un quadruple changement : CardonaOldDuffus et Moueffek faisaient leur entrée (73ᵉ), mais la dynamique restait la même. Hbouch, tout proche du 3-0, manquait le cadre d’un rien (74ᵉ). Finalement, la punition tombait en toute fin de match : sur une défense stéphanoise désorganisée, Rambaud, lancé plein axe, ajustait tranquillement Larsonneur (90+1ᵉ). 4-0, le calice jusqu’à la lie.

Dans un stade à guichets fermés et conquis à la cause locale, les Verts ont encaissé leur deuxième défaite consécutive, la première fois cette saison. Pire, ils n’ont jamais semblé capables d’inverser la tendance, même après quelques sursauts offensifs, comme cette tentative d’Old bien captée par Callens (85ᵉ).

Ce naufrage en Haute-Savoie met en évidence les failles d’un collectif en perte de repères. Trop friables défensivement, incapables de poser leur jeu et réduits à dix pendant plus de 75 minutes, les Stéphanois ont livré une prestation sans relief, loin de leurs standards habituels.

Sur le bord du terrain, Eirik Horneland est resté impassible, conscient que cette lourde défaite laissera des traces. Après Le Mans, c’est une nouvelle désillusion qui ternit la dynamique d’un groupe en quête de constance. Le coach norvégien devra rapidement remobiliser un vestiaire ébranlé avant la réception de Pau dans deux jours.


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Walack Pier Paolo ⎜Content Manager
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