Mondial 2026 : pourquoi la qualification de Boakye et Ben Old est une bonne nouvelle pour l’ASSE

Tout sourire, Augustine Boakye a participé à son premier entraînement avec les Black Stars du Ghana.

Après avoir partagé sur les réseaux sociaux sa fierté de représenter le Ghana lors de la prochaine Coupe du monde, un rendez-vous qu’il décrit comme « un moment pour lequel j’ai travaillé toute ma vie », Augustine Boakye s’apprête à vivre l’un des plus grands moments de sa carrière. L’ailier ghanéen de l’AS Saint-Étienne disputera cet été sa première Coupe du monde avec les Black Stars, versés dans le groupe L aux côtés du Panama, de l’Angleterre et de la Croatie.

Il ne sera pas le seul Stéphanois à prendre la direction de l’Amérique du Nord. Son coéquipier Ben Old découvrira lui aussi la plus grande compétition de la planète sous les couleurs de la Nouvelle-Zélande. Si les deux Verts partageront la même fierté et le même rêve sportif, le traitement financier réservé par leurs fédérations respectives révèle deux philosophies sensiblement différentes.

Une dotation FIFA historique

Cette Coupe du monde 2026 s’annonce comme celle de tous les records. Pour la première fois de son histoire, la FIFA distribuera une enveloppe globale de 871 millions de dollars, soit environ 803 millions d’euros. Une hausse de 65 % par rapport à l’édition 2022 organisée au Qatar. Pour les 48 fédérations qualifiées, le gain est assuré avant même le coup d’envoi. Chacune percevra au minimum 12,5 millions de dollars, dont 10 millions pour la qualification et 2,5 millions pour la préparation du tournoi.

Une enveloppe importante qui laisse aux fédérations une large liberté dans la définition de leur politique de redistribution envers les joueurs. C’est précisément sur ce point que les situations d’Augustine Boakye et de Ben Old diffèrent.

Boakye assuré de toucher 100 000 dollars

Au Ghana, le système est clairement établi. Le ministre des Sports, Kofi Adams, a confirmé qu’une prime de participation de 100 000 dollars, soit environ 92 000 euros, serait versée à chaque joueur sélectionné.

Ce mécanisme, en place depuis la Coupe du monde 2010, garantit aux internationaux une rémunération fixe indépendamment des résultats obtenus durant la compétition. Même dans un groupe relevé composé du Panama, de l’Angleterre et de la Croatie, Augustine Boakye est donc assuré de percevoir cette somme, sous réserve de la validation administrative du budget.

La prime de Ben Old dépendra du parcours néo-zélandais

Du côté de la Nouvelle-Zélande, la logique est différente. La fédération des All Whites n’a communiqué aucun montant fixe et s’appuie historiquement sur un système de redistribution proportionnelle des revenus générés par la compétition.

Lors du Mondial 2010, les joueurs néo-zélandais avaient ainsi reçu environ 40 % des revenus liés à la participation de leur sélection. Si ce modèle est reconduit en 2026, la rémunération de Ben Old dépendra directement du parcours réalisé par la Nouvelle-Zélande dans un groupe composé de la Belgique, de l’Égypte et de l’Iran.

Ces montants prennent une autre dimension lorsqu’ils sont comparés aux salaires perçus à l’AS Saint-Étienne. Avec une rémunération mensuelle estimée entre 20 000 et 25 000 euros bruts, Augustine Boakye pourrait percevoir l’équivalent de quatre à cinq mois de salaire grâce à sa seule participation au Mondial.

Pour Ben Old, dont le salaire est estimé légèrement inférieur, l’enjeu financier pourrait être encore plus important. Si la redistribution néo-zélandaise suit la hausse historique des dotations FIFA, le joueur pourrait prétendre à une somme représentant une part significative de ses revenus annuels.

La Coupe du monde, un levier économique pour l’ASSE

Une qualification au Mondial profite également aux clubs qui mettent leurs joueurs à disposition à partir du 1er juin, date fixée par la FIFA. Pour l’édition 2026, le programme d’indemnisation a été porté à 355 millions de dollars, soit environ 70 % de plus qu’en 2022. Ce dispositif, créé en 2010, vise à récompenser les clubs qui libèrent leurs internationaux. La FIFA versera ainsi 10 950 dollars par joueur et par jour, soit environ 9 500 euros, aux clubs concernés.

Sur la seule phase de groupes, cela représenterait environ 295 650 dollars par joueur. Avec Augustine Boakye et Ben Old présents au tournoi, l’AS Saint-Étienne pourrait donc percevoir au minimum 591 300 dollars, soit un peu plus de 510 000 euros.

Ces sommes restent modestes à l’échelle des grands clubs européens, mais elles constituent un revenu complémentaire appréciable pour l’ASSE. Elles rappellent également qu’un international ne représente pas seulement une valeur sportive, mais aussi un actif économique.

Au-delà des revenus générés par le programme FIFA, une participation à la Coupe du monde offre une exposition internationale considérable. Les performances réalisées peuvent contribuer à valoriser les joueurs sur le marché des transferts et renforcer l’attractivité du projet sportif.

Pour l’AS Saint-Étienne, désormais pilotée par Kilmer Sports Ventures, la présence de deux joueurs au Mondial 2026 constitue un signal positif. Elle récompense la progression d’Augustine Boakye et de Ben Old tout en illustrant la capacité du club à faire émerger ou relancer des internationaux.

Cette visibilité participe également à la valorisation du projet porté par les dirigeants stéphanois et renforce l’image d’un club en reconstruction, désireux de retrouver durablement sa place parmi les acteurs majeurs du football français. Pour Augustine Boakye et Ben Old, toutefois, l’essentiel restera avant tout sportif. Cette première Coupe du monde représente une occasion unique de se mesurer à l’élite mondiale et de défendre les couleurs de leur pays sur la plus grande scène du football.


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Thiméo M

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