Dans un contexte tendu et après plusieurs semaines de crise, l’AS Saint-Étienne abordait la réception de Montpellier avec l’obligation de réagir. Pour sa première sur le banc, Philippe Montanier a misé sur la rigueur et l’essentiel. Au terme d’un match fermé et pauvre en occasions, les Verts s’imposent 1-0 et relancent leur dynamique au classement.
Clean sheet, trois points et un Cardinal en majesté.
Ce rendez-vous s’inscrit dans un contexte lourd à Saint-Étienne. Depuis plusieurs semaines, les Verts traversent une zone de turbulences, symbolisée par la défaite face à Boulogne lors de la dernière apparition d’Eirik Horneland sur le banc. Une rencontre catastrophique qui a précipité la fin d’un cycle. Mais ce match marque aussi un nouveau départ : la première de Philippe Montanier à la tête de l’AS Saint-Étienne.
Pour cette entrée en matière, le nouveau coach stéphanois choisit la continuité sur certains points forts. Gautier Larsonneur conserve le brassard de capitaine, symbole de stabilité dans un contexte fragile. En défense, Montanier aligne Nadé et Pedro dans l’axe, avec Ben Old et la recrue hivernale Julien Le Cardinal sur les côtés, un choix marqué par une volonté de solidité. Au milieu, fortement touché par les absences, le staff s’appuie sur un trio composé de Gadegbeku, Moueffek et Miladinovic. Devant, la ligne offensive est confiée à Boakye, Davitashvili et Stassin.
La première période offre peu de spectacle. Offensivement, les occasions se font rares, mais défensivement, les Verts affichent un visage plus cohérent, notamment grâce aux ajustements entre Le Cardinal et Pedro, régulièrement amenés à permuter. Dans le jeu, Montpellier Hérault SC monopolise davantage le ballon, profitant d’une récupération stéphanoise parfois approximative. Les premières situations dangereuses arrivent tardivement, avec une percée impressionnante de Boakye dans le couloir, conclue par une frappe de Miladinovic qui s’envole au-dessus de la barre. Une première mi-temps globalement pauvre en occasions, conclue sans relief.
La seconde période repart sur des bases similaires, avec peu de situations franches, mais une meilleure aisance technique côté stéphanois. L’entrée de Cardona apporte du dynamisme sur les ailes. L’ailier déborde et trouve Boakye au second poteau, seul face au but, mais l’attaquant manque de spontanéité et voit sa tentative passer au-dessus. Le match semble alors s’enliser, jusqu’à la 77ᵉ minute. Sur un corner parfaitement frappé par Miladinovic, Julien Le Cardinal s’élève et reprend le ballon d’une tête limpide. La recrue hivernale délivre Geoffroy-Guichard et fait basculer une rencontre longtemps fermée.
La défense comme socle du succès
Dans les buts, Gautier Larsonneur n’a pas été énormément sollicité au cours de la rencontre, mais il a répondu présent lorsque cela a été nécessaire, notamment dans le jeu aérien où ses sorties se sont montrées propres et rassurantes. Une prestation sérieuse, sans éclat particulier mais sans faute à signaler (6).
En défense centrale, Mickaël Nadé était particulièrement attendu dans son duel face à Mendy. Le Stéphanois a parfaitement assumé ce rendez-vous, se montrant solide, concentré et autoritaire, confirmant son statut de cadre malgré les critiques récentes (7). À ses côtés, Pedro a livré une prestation plus neutre, correcte dans l’ensemble, sans apporter de réelle plus-value mais sans fragiliser l’arrière-garde (5,5).
Sur les côtés, Ben Old a alterné le bon et le moins bon, mais son activité et son engagement méritent d’être soulignés. Lorsqu’il a été juste, il a apporté du rythme et des solutions, illustrant une performance globalement positive (6,5). Julien Le Cardinal a, lui, marqué les esprits. Au-delà de son but décisif, il a dégagé une vraie sérénité défensive et n’a pas hésité à porter le ballon vers l’avant, apportant personnalité et calme à un secteur en difficulté ces dernières semaines (8).
Au milieu, Gadegbeku a connu une première période compliquée, marquée par de nombreux déchets techniques, avant de se reprendre nettement après la pause, où il a mieux équilibré son jeu (5,5). Moueffek, en revanche, est resté en retrait et n’a jamais vraiment réussi à imposer son influence, livrant une prestation en dessous de ses standards (4,5). Miladinovic, sans être dominateur, s’est montré décisif sur coup de pied arrêté en délivrant la passe qui permet à l’ASSE de faire la différence (6).
Offensivement, la soirée a été plus délicate. Boakye a manqué une occasion majeure qui aurait pu permettre aux Verts de se mettre à l’abri plus tôt et a globalement souffert dans ses choix et son efficacité (4). Stassin est resté trop discret pour peser sur la rencontre, apparaissant en difficulté face au bloc adverse (3). Enfin, Davitashvili a participé à quelques situations intéressantes, mais son impact est resté limité par un manque de précision et de constance (5).
Dans l’ensemble, cette victoire s’appuie davantage sur la solidité défensive et l’efficacité ponctuelle que sur une domination collective, mais elle permet à plusieurs individualités de poser des bases intéressantes pour la suite du mandat de Philippe Montanier.
Sans être flamboyante, l’ASSE assure l’essentiel. Pour sa première sur le banc, Philippe Montanier lance son mandat par une victoire précieuse (1-0) face à Montpellier, profitant également des contre-performances des concurrents directs à la montée. Un succès qui permet aux Verts de se relancer et d’aborder avec davantage de sérénité le prochain déplacement au Roudourou, face à Guingamp.
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