Il y a des débuts qui ne trompent pas. Celui de Philippe Montanier, ce samedi soir face à Montpellier, s’annonce comme un moment charnière pour l’ASSE. Après deux défaites consécutives sous l’ère Horneland, les Verts ont besoin d’un signal fort, d’une preuve que la page est tournée. « L’objectif ? La victoire, car on a besoin de points », a martelé le nouveau coach. Le ton est donné : il faut réagir, et vite.
Une semaine de travail intense : entre tactique et reconstruction mentale
Montanier n’a pas perdu de temps. « On arrive à 7h30, on part à 19h. Ce n’est pas un problème », confie-t-il, résumant une semaine rythmée par les vidéos, les entretiens individuels et la mise en place d’un cadre collectif. Chaque joueur a été reçu non pas dans un bureau impersonnel, mais « sur un canapé, un sofa », pour parler de son parcours, de sa famille, de ses attentes et de ses axes de progression. « On connaît un peu mieux les joueurs, leur personnalité. Ils savent ce qu’ils doivent améliorer. Nous, on est là pour les aider à performer », explique Montanier.
Sur le terrain, l’accent a été mis sur la compacité défensive, les transitions rapides et la nécessité de défendre « en équipe ». Une rupture nette avec le passé, où l’ASSE s’étirait trop, s’exposait trop.
Les recrues : deux sur quatre convoquées
Dans le groupe communiqué par le club, deux des quatre recrues les plus récentes figurent bien parmi les joueurs convoqués. Julien Le Cardinal et Abdoulaye Kanté sont retenus pour cette rencontre, signe de la confiance immédiate accordée par le staff à leur état de préparation.
À l’inverse, Soumahoro et Paalberg ne font pas partie du groupe. Un choix qui s’inscrit dans une logique sportive assumée : Le Cardinal et Kanté ont été jugés rapidement opérationnels, tandis que les deux autres recrues doivent encore poursuivre leur intégration, aussi bien sur le plan physique que tactique.
Pour la réception de Montpellier, le groupe stéphanois s’articule ainsi. Dans les buts, Gautier Larsonneur et Brice Maubleu sont retenus. En défense, figurent Ebenezer Annan, Mickaël Nadé, Kevin Pedro, Dennis Appiah et Julien Le Cardinal. Le milieu de terrain est composé de Gadegbeku, Abdoulaye Kanté, Miladinovic et Moueffek. Enfin, le secteur offensif s’appuie sur Boakye, Cardona, Davitashvili, Duffus, El Jamali, Old et Stassin.
La défense : un puzzle à résoudre
Les absences continuent de peser lourdement sur les choix de Philippe Montanier, notamment en défense où Bernauer, Traoré et Lamba sont blessés, tandis que Ferreira, expulsé la semaine passée, a en plus aggravé son cas en se blessant à la main après un coup de sang, obligeant le nouvel entraîneur stéphanois à reconstruire une ligne défensive avec les moyens du bord.
Cinq joueurs sont ainsi en concurrence pour quatre postes : Annan, qui cherche à s’imposer, Appiah, dont l’expérience peut sécuriser l’ensemble, Nadé, cadre du vestiaire malgré certaines irrégularités, Pedro, qui offre un profil différent, et Le Cardinal, symbole de nouveauté et de rigueur, un choix de départ qui sera forcément observé de près.
Au milieu, privé de Jaber et de Tardieu, Montanier pourrait s’appuyer sur un trident inédit avec Kanté en sentinelle, Moueffek et Miladinovic en relayeurs, un trio pensé pour équilibrer volume, projection et fluidité, tandis que Gadegbeku, tout juste revenu de blessure, devrait débuter sur le banc. Devant, enfin, l’ASSE avance entre doutes et promesses : Stassin, muet depuis septembre, doit retrouver confiance, Old, en difficulté à gauche contre Boulogne, pose la question de son positionnement, et Montanier devra arbitrer, pendant que Davitashvili et Boakye, attendus comme des détonateurs offensifs, devront être mieux servis et bénéficier de davantage de liberté pour réellement peser sur la rencontre.
Montpellier : un adversaire fragile, mais dangereux
Les Montpellier Hérault SC se présentent à Geoffroy-Guichard avec un déficit à la fois mental et physique, conséquence directe de leur récente élimination en Coupe de France face à l’OGC Nice, un match pourtant bien maîtrisé jusqu’à mener 0-2 avant de s’effondrer en fin de rencontre, un scénario que leur entraîneur Zoumana Camara n’a pas éludé en évoquant un manque de concentration, d’expérience et surtout de ressources mentales et physiques.
Pour autant, Montpellier entend s’appuyer sur le contenu de sa première période face aux Niçois, marquée par la rigueur et l’engagement, convaincu qu’il s’agit d’un match charnière permettant de recoller au classement, comme l’a souligné Camara. L’enjeu est en effet bien réel puisque, avant cette confrontation, l’AS Saint-Étienne pointe à la sixième place tandis que Montpellier est dixième, avec seulement trois points d’écart entre les deux formations, dans un stade qui devrait accueillir plus de 28 000 spectateurs, sans supporters montpelliérains en raison de l’interdiction de déplacement, sous l’arbitrage d’Alexandre Perreau-Niel.
La soirée s’annonce d’autant plus particulière qu’un hommage sera rendu à Jean-Louis Gasset, figure emblématique des deux clubs, tandis que Philippe Montanier a choisi la continuité sur le plan du leadership en maintenant Gautier Larsonneur comme capitaine, rappelant que le brassard n’était pas une priorité immédiate, l’essentiel restant de remettre rapidement l’ASSE sur la bonne voie.
Ce soir, Montanier entre en scène avec l’espoir de reproduire, avec sa nouvelle équipe, le scénario de 2023, quand il avait remporté la victoire à la Mosson avec Toulouse (2-1). Ce soir à Geoffroy-Guichard, le verdict ne sera pas définitif, mais chaque détail sera passé au crible. Après des semaines de doute et deux défaites consécutives, l’ASSE de Philippe Montanier a un objectif clair : enfin renouer avec la victoire et se rapprocher d’une place au classement plus digne de son statut.
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