Augustin Boakye, intenable face à Troyes, auteur d’un match plein ponctué d’un but et de trois actions décisives. (Photo : ASSE Officiel)
Repositionné dans l’axe par Eirik Horneland, Augustine Boakye est en train de changer de dimension. Alors qu’il avait longtemps été cantonné à un rôle d’ailier, le Ghanéen explose désormais au cœur du jeu stéphanois. Plus complet, plus influent et décisif comme jamais, il s’impose progressivement comme l’une des révélations de cette première partie de saison. Semaine après semaine, son nouveau rôle confirme sa montée en puissance : Boakye pèse davantage dans les attaques, oriente le jeu, et apporte cette verticalité qui manquait parfois à l’ASSE. À tel point que, pour beaucoup, ce repositionnement pourrait bien devenir l’un des tournants majeurs de la saison stéphanoise.
Repositionné dans l’axe, Boakye révèle tout son potentiel
L’ASSE reçoit l’AS Nancy-Lorraine pour la 15ᵉ journée de Ligue 2. Comme avant chaque match, Eirik Horneland s’est présenté en conférence de presse. Après un rapide point sur son effectif, le coach s’est surtout arrêté sur un nom : Augustine Boakye, l’un des hommes forts de ce début de saison.
Cette saison ressemble déjà à un tournant pour le Ghanéen. Match après match, il confirme sa montée en puissance : 13 apparitions, 12 titularisations, 3 buts, 5 passes décisives. Des chiffres qui le maintiennent parmi les meilleurs passeurs du championnat. Surtout, ils traduisent une influence croissante dans le jeu stéphanois.
Au départ, Horneland l’utilisait exclusivement sur l’aile. Mais très vite, le technicien a tenté un ajustement majeur : repositionner Boakye dans l’axe, en faux numéro 9, un rôle axial que le joueur affectionne depuis longtemps. Et ce choix a changé beaucoup de choses.
Contre Clermont, il marque en évoluant dans l’axe. Face à Laval, lors de la première journée, Augustine Boakye avait déjà été titularisé en pointe pour pallier l’absence de Lucas Stassin, alors pas encore prêt physiquement, ainsi que celle de Joshua Duffus, dont l’enregistrement du passeport jamaïcain était encore en cours au moment de sa signature avec l’ASSE. Dans ces conditions, le Ghanéen avait été aligné dans un système hybride en 4-1-4-1. Et là encore, le choix s’était révélé payant : Boakye avait trouvé le chemin des filets.
Au-delà des statistiques, Boakye s’impose désormais comme un élément indispensable. Son dernier match contre Troyes l’a encore montré : non seulement il marque, mais les trois buts stéphanois proviennent de son côté. Son influence dépasse même l’aspect offensif. Sans ballon, on découvre un joueur plus discipliné, plus appliqué, capable de répéter les efforts défensifs. Physiquement aussi, la transformation est nette : Boakye semble plus robuste, plus résistant.
En conférence de presse, Horneland n’a pas masqué son ressenti. Pour la première fois, il admet que son joueur « apporte énormément dans l’axe, aussi bien dans le jeu que dans les déplacements ». Une façon de confirmer que le Ghanéen a trouvé sa place… et que le onze stéphanois devra compter avec lui, à condition qu’il soit épargné par les blessures.
Pour Horneland, Boakye a franchi un cap majeur
Le coach stéphanois a expliqué qu’il n’avait jamais vraiment été surpris par la montée en puissance de son joueur. Selon lui, Boakye avait déjà montré l’étendue de son potentiel la saison passée, avant qu’une blessure survenue en mars ne vienne brutalement freiner son élan, précisément au moment où l’équipe avait le plus besoin de lui. Avec le recul, Horneland avoue encore une pointe de frustration : « J’étais déçu de le perdre à ce moment-là, parce qu’il avait tellement à apporter. C’est un joueur très talentueux. »
Depuis, le technicien observe un joueur métamorphosé, plus complet, capable de dicter le tempo d’un match et d’élever le niveau de ses partenaires. Il raconte comment Boakye, grâce à sa vision et à sa qualité de passe, « met ses coéquipiers dans de bonnes situations » et trouve constamment des combinaisons qui cassent les lignes adverses. Mais surtout, ce qui l’a marqué ces derniers mois, c’est son évolution invisible depuis le bord du terrain : « Il commence aussi à beaucoup travailler pour l’équipe, à l’entraînement comme en match. Il a vraiment enrichi son jeu. »
Par ailleurs, Horneland estime que Boakye a franchi un cap dans sa compréhension du rôle d’attaquant moderne. Longtemps brillant entre les lignes, dans ces espaces intermédiaires où il excelle pour se retourner et provoquer, le Ghanéen a ajouté une dimension essentielle à son registre : les courses dans la profondeur. Le coach cite notamment deux buts récents, où il a su « attaquer le dos de la défense, protéger son ballon et faire la différence ».
Dans ses mots, on perçoit une réelle fierté. Horneland parle d’un joueur qui a mûri, revenu transformé après son été de reconstruction : plus agressif sans le ballon, plus exigeant dans ses déplacements et plus complet que jamais. « Sur les trois ou quatre derniers mois, il a vraiment fait grandir son jeu », confie-t-il, convaincu que Boakye est encore loin d’avoir atteint son plafond.
Samedi soir, face à Nancy, Eirik Horneland pourrait une nouvelle fois titulariser Augustine Boakye au centre de l’attaque. En conférence de presse, le coach a en effet annoncé les forfaits de Lucas Stassin et Joshua Duffus pour cette rencontre. Dans ce contexte, Boakye apparaît, à ce stade, comme la solution offensive la plus crédible pour occuper le rôle de faux numéro 9. Reste désormais à savoir si le technicien norvégien reconduira ce choix dans un Chaudron qui s’annonce brûlant. Réponse samedi soir.
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