Les Verts célèbrent l’un de leurs quatre buts inscrits lors d’une première mi-temps maîtrisée face au Pau FC (4-0).
En quête d’un électrochoc après deux défaites de suite, l’AS Saint-Étienne a retrouvé des couleurs. Devant plus de 34 000 supporters en fusion, les Verts ont livré une prestation éclatante en écrasant Pau (6-0). Réalistes, solidaires et inspirés, les hommes d’Eirik Horneland signent une victoire pleine d’autorité qui relance leur dynamique et redonne du sens à leur saison.
Les Verts dos au mur avant la réception de Pau
Battus lors de trois de leurs quatre dernières rencontres, les Stéphanois ont perdu leur fauteuil de leader et la sérénité qui les accompagnait encore il y a peu. La lourde défaite à Annecy (4-0), samedi, a laissé des traces. Plus qu’un simple revers, elle a mis en lumière les failles d’un collectif en perte de repères, incapable de retrouver l’intensité et la cohésion qui faisaient sa force en début de saison.
Ce mardi soir (20h30), l’AS Saint-Étienne n’avait donc pas d’autre choix que de réagir. Pour éviter qu’un début de crise ne s’installe, les hommes d’Eirik Horneland devaient impérativement renouer avec le succès dans un stade Geoffroy-Guichard comble, avec plus de 34 000 spectateurs encore fidèles malgré la déception. Le coach norvégien, « mal à l’aise » après la claque reçue en Haute-Savoie, avait promis des choix forts. Promesse tenue : Lucas Stassin et Zuriko Davitashvili, jusque-là incontournables, débutaient sur le banc. Cardona et Duffus accompagnaient Boakye en attaque, tandis que Bernauer, de retour de suspension, retrouvait sa place dans l’axe aux côtés de Nadé.
Cette soirée marquait aussi le retour de Larry Tanenbaum dans le Chaudron. Le propriétaire canadien, présent dans la journée à Saint-Étienne pour signer un don de 2,6 Millions d’euros au CHU selon nos confrères de But_ASSE, assistait à son premier match de Ligue 2 depuis la reprise du club. Une présence symbolique, au moment où les Verts avaient plus que jamais besoin de se rassurer. Horneland l’a d’ailleurs reconnu : « Il y a de la pression, oui, mais pas à cause de Larry. Elle vient surtout des récents résultats et des performances. Ce qu’on a produit dernièrement n’est pas suffisant. »
En face, le Pau FC, surprenant troisième du championnat, se présentait sans complexe. Invaincu à l’extérieur depuis le début de la saison, le club béarnais de Nicolas Usai restait sur deux victoires et un nul hors de ses bases. Plusieurs anciens Stéphanois figuraient d’ailleurs dans le groupe palois : Anthony Briançon, Cheikh Fall, Noah Raveyre et Setigui Karamoko effectuaient leur retour à Geoffroy-Guichard.
Dans ce contexte, la pression était double pour les Verts : éviter une troisième défaite consécutive à domicile, une première depuis 2023, et prouver que leur projet sportif n’était pas à bout de souffle. Comme l’a rappelé Horneland à la veille du match : « Si on veut rester à notre place au classement, il faut recommencer à prendre des points régulièrement. » Ce mardi soir, plus que jamais, l’ASSE devait montrer qu’elle en avait encore la capacité.
Les Verts renaissent : une première mi-temps référence face à Pau
Sous la pluie d’automne, dans un Chaudron plein à craquer, les Stéphanois ont retrouvé leur éclat. À la pause, l’ASSE menait déjà 4-0 face à Pau, livrant sans doute sa meilleure première mi-temps de la saison. Un véritable récital collectif, qui a fait oublier, le temps de quarante-cinq minutes, les tourments des dernières semaines.
Le match venait à peine de débuter que les Verts donnaient le ton. Dès la 2ᵉ minute, sur un corner de Florian Tardieu, João Ferreira coupait la trajectoire au premier poteau et ouvrait le score d’une frappe croisée. Un but libérateur, célébré par un Geoffroy-Guichard debout, ravi de retrouver une équipe conquérante.
Les hommes d’Eirik Horneland ne relâchaient pas la pression. Inspirés, agressifs à la récupération, ils asphyxiaient des Palois dépassés par l’intensité du pressing. À la 12ᵉ minute, un ballon récupéré par Moueffek lançait l’action du break : après un relais intelligent de Boakye, Duffus servait parfaitement Cardona, seul face au but vide. 2-0. L’efficacité retrouvée.
Raveyre, le jeune gardien palois formé à l’ASSE, multipliait alors les parades pour éviter le naufrage. Mais rien n’y faisait : les Verts, irrésistibles, étouffaient leurs adversaires. À la demi-heure de jeu, Boakye pensait obtenir un penalty, avant d’être sanctionné pour simulation. Pau tentait timidement de réagir par Versini ou Sadik, sans réellement inquiéter Larsonneur, impeccable sur ses rares interventions.
La fin de période tournait à la démonstration. À la 39ᵉ minute, Moueffek était fauché dans la surface par Karamoko. Tardieu, capitaine lucide, transformait le penalty d’un contre-pied parfait (3-0). Puis, juste avant la pause, Cardona s’échappait seul avant de buter sur Raveyre. Duffus, en renard des surfaces, suivait et poussait le ballon au fond (44ᵉ). Quatrième but, mi-temps magistrale.
Avant la pause, Larsonneur sauvait encore les siens d’un réflexe exceptionnel devant Cheikh Fall (45+3ᵉ), rappelant que même dans la maîtrise, la vigilance restait essentielle.
Au coup de sifflet, le tableau affichait 4-0. Le public du Chaudron, debout, saluait cette renaissance tant attendue. Reste à confirmer : tenir le cap, rester sérieux et faire de ce match un vrai tournant, le premier depuis Rodez en août dernier.
Deuxième mi-temps : l’ASSE déroule et retrouve son allant offensif
Au retour des vestiaires, les Verts n’ont pas levé le pied. Portés par un Chaudron incandescent (35 359 spectateurs), les hommes d’Eirik Horneland ont poursuivi leur démonstration, transformant cette rencontre en véritable festival offensif.
Dès la reprise, le ton était donné. Aïmen Moueffek pensait d’abord corser l’addition d’un tir victorieux, mais son but était logiquement refusé pour hors-jeu. La joie n’allait pas tarder à revenir : une minute plus tard, Duffus, déjà buteur en première période, héritait d’un ballon mal dégagé par la défense paloise. D’un plat du pied serein, il trompait Raveyre pour s’offrir un doublé et porter le score à 5-0 (48ᵉ).
L’ASSE, concentrée malgré son avance, continuait de jouer juste. Entre maîtrise et accélérations tranchantes, les Verts récitaient leur football. Entré à la mi-temps à la place de Boakye, Old se montrait immédiatement à son avantage, multipliant les appels et les décalages. À la 53ᵉ, son extérieur du pied manquait de peu d’alourdir la note, Pouilly sauvant sur sa ligne.
Au fil des minutes, Horneland procédait à plusieurs changements pour préserver ses cadres et offrir du temps de jeu à ses remplaçants. Cardona et Moueffek cédaient leur place à Davitashvili et El Jamali (67ᵉ), avant que Duffus, ovationné par tout le stade, ne soit remplacé par Stassin (73ᵉ).
Mais la soirée n’était pas terminée. Entré en jeu, Zuriko Davitashvili, sifflé à son entrée par une partie du public, répondait de la plus belle des manières. Lancé dans le dos de la défense par une ouverture lumineuse de Bernauer, le Géorgien éliminait Glossoa d’un crochet intérieur avant d’envoyer une frappe puissante sous la barre (79ᵉ). Un but somptueux pour conclure le festival stéphanois : 6-0.
La fin de match, marquée par l’expulsion logique de Karamoko pour une faute sur Davitashvili (89ᵉ), confirmait la supériorité des Verts. Stassin et Old tentaient encore leur chance : le Belge frôlait la lucarne (84ᵉ), tandis que le Néo-Zélandais enroulait trop largement (82ᵉ).
Au coup de sifflet final, Geoffroy-Guichard pouvait exulter. L’ASSE retrouvait le goût de la victoire, la solidité défensive, clean sheet à domicile, et une efficacité offensive retrouvée. Une soirée parfaite pour un groupe en quête de rachat, et une bouffée d’air bienvenue après trois revers en quatre matchs.
Grâce à ce large succès, combiné à la défaite du Red Star à Dunkerque, les Verts grimpent à la deuxième place du championnat. De quoi relancer l’espoir d’un club qui, malgré les secousses, n’a jamais cessé d’y croire.
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