L’histoire de Nolan Roux avec l’ASSE aurait pourtant pu ne jamais commencer. À l’été 2015, l’attaquant est encore sous contrat avec Lille lorsque le nouvel entraîneur Hervé Renard lui annonce, avant même la reprise, qu’il ne compte pas sur lui. Invité à se trouver une porte de sortie, Roux se rapproche alors de Saint-Étienne et échange avec Christophe Galtier, auquel il donne sa parole pour rejoindre les Verts.
Mais au moment de quitter le LOSC, le scénario se renverse. Lille revient finalement vers son attaquant et lui propose trois années supplémentaires, avec des conditions financières plus avantageuses. Un revirement qui aurait pu remettre en cause son départ, mais Nolan Roux avait déjà pris un engagement. Invité de la chaîne YouTube « Addict au foot », l’ancien Stéphanois raconte pourquoi il a choisi de tenir la parole donnée à Christophe Galtier et de rejoindre l’ASSE malgré cette nouvelle proposition lilloise.
Nolan Roux choisit de tenir parole envers Christophe Galtier
« C’était les vacances et je reçois un coup de téléphone : “Salut Nolan, c’est Hervé Renard.” Je lui réponds et il me dit : “Tu peux trouver un club parce que je ne compte pas sur toi.” On était encore à trois semaines de la reprise. Je lui ai simplement répondu : “Il me reste du contrat et, là, je suis en vacances. Je ne vais pas commencer à chercher un club maintenant, mais je respecte ce que vous me dites, il n’y a aucun problème.” Je raccroche et je me dis : “Ça commence bien.” La préparation n’avait même pas commencé qu’on m’appelait déjà pour me dire de trouver un club.
Moi, j’étais sous contrat, donc je comptais faire normalement la préparation, que je parte ensuite ou non. Mais j’ai commencé à anticiper avec mon agent et à chercher un club susceptible de m’accueillir. Je n’étais pas non plus dans l’urgence : j’avais un club, j’étais à Lille.
C’est à ce moment-là que j’ai commencé à entrer en contact avec Saint-Étienne. J’avais eu Christophe Galtier au téléphone et j’avais donné mon accord verbal pour rejoindre l’ASSE. Arrive alors le moment où je dois aller signer la résiliation de mon contrat avec Lille. Le directeur sportif me donne un papier en me disant : “Tiens, ça vient du président.” Je l’ouvre, je regarde et je le referme : c’était une proposition de prolongation de trois ans.
Mais je ne voulais plus faire marche arrière. J’avais donné ma parole à Christophe Galtier et à Saint-Étienne quatre jours auparavant. Malheureusement, j’ai quand même eu le temps de voir les chiffres sur la proposition, et c’est aussi pour ça que je l’ai vite refermée ! Financièrement, si je m’étais arrêté uniquement à ça, je serais resté à Lille. Je signais trois ans, royal. Mais j’avais donné ma parole.
J’ai ensuite appris qu’Hervé Renard avait envoyé un mail au président pour s’excuser de son comportement envers moi. Il regrettait et souhaitait finalement que je reste. C’est pour cette raison que le club m’avait fait cette proposition. Avec le temps, j’ai aussi découvert des choses que je n’avais pas forcément envie de découvrir. À l’époque, Hervé Renard voulait faire venir Jordan Ayew, qu’il avait connu en sélection, et pour que cela puisse se faire, il fallait que je parte. Sauf qu’au final, le club ne voulait pas de cette opération. À Lille, ils disaient : “Non, nous, on garde Nolan.” Hervé Renard avait pris lui-même l’initiative avec moi, et c’est pour ça que c’était lui qui m’avait appelé pour me demander de partir.
De mon côté, ma décision était prise et j’ai rejoint Saint-Étienne. Quand tu arrives là-bas, tu comprends tout de suite : le week-end, c’est Geoffroy-Guichard, les magasins autour parlent de Geoffroy-Guichard et de l’épopée des Verts, tu croises des gens qui se baladent avec le maillot… Tu te dis : “Waouh, top !” De toute façon, quand tu es passé par Brest et par Lens, si tu n’aimes pas les villes de foot, tu n’as rien à faire là. »
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