« Loïc, tu ne me dis rien ? » : Nolan Roux raconte le moment où il attendait le soutien de Perrin

Nolan Roux célèbre un but sous le maillot de l’AS Saint-Étienne aux côtés de plusieurs coéquipiers, dont Loïc Perrin et Jean-Christophe Bahebeck.
Temps de lecture : 4 min

Dans le prolongement de ses souvenirs du vestiaire et de ses anecdotes, le récit de Nolan Roux sur son passage à l’ASSE prend une tournure beaucoup plus douloureuse. Au printemps 2017, alors qu’il assure n’avoir commis aucun écart particulier, l’attaquant se retrouve soudainement écarté des plans de Christophe Galtier.

La veille d’un déplacement à Marseille, Roux s’entraîne encore avec les titulaires avant d’apprendre qu’il ne fera finalement pas partie du voyage. Quelques heures plus tard, une convocation l’attend pour le lendemain matin. Invité de la chaîne YouTube « Addict au foot », l’ancien Stéphanois revient longuement sur cette période durant laquelle il est tenu à l’écart du groupe professionnel, sans réellement comprendre ce qui lui est reproché.

Une exclusion soudaine que Nolan Roux ne comprend toujours pas

« Du jour au lendemain, tout a changé. On devait jouer à Marseille et, la veille du match, j’étais encore avec les titulaires. Je me disais donc que j’allais jouer parce que, généralement, à ce moment-là, ça ne change plus beaucoup. J’arrive dans les douches et l’adjoint de Christophe Galtier vient me voir. Quand ça arrive, tu comprends rapidement, tu n’es pas bête. Je lui dis : “Ce n’est pas possible.” Il me répond : “Si, tu restes à la maison.”

On perd ensuite 3-0 à Marseille. Je ne fais pas partie de ceux qui vont se dire : “Je n’ai pas joué et ils ont perdu, tant mieux.” Au contraire, ça me fait chier parce que ce sont mes coéquipiers. Après le match, je reçois un message : “Tu as rendez-vous demain matin à 9 heures dans le bureau du président adjoint.” Je ne demande même pas pourquoi.

Quand j’arrive, Oussama Tannane et Bryan Dabo sont là aussi. Eux avaient des tempéraments un peu plus turbulents, donc je me dis : “Si je suis associé à eux, c’est quand même chaud.” Forcément, tu commences à réfléchir et à te demander ce que tu as fait. Mais j’avais beau chercher : rien, rien, rien.

Je rentre dans le bureau et je comprends tout de suite. Je vois un homme en costume et en cravate : c’était un huissier. Là, je comprends que tout ce qui va être dit va être consigné. Le président adjoint est présent et Christophe Galtier est en face de moi avec son téléphone. Il ne me regarde même pas. À ce moment-là, tu as l’impression d’être une merde, de ne plus servir à rien. On m’annonce : “À partir de 9h30, tu n’as plus accès au vestiaire. Tu enlèves tes affaires, tu les ramènes chez toi et tu es mis à disposition de la réserve.”

Forcément, ça commence à monter un peu. Tu as de l’ego, de la fierté et, surtout, tu veux comprendre pourquoi. Je demande : “Qu’est-ce que j’ai fait ?” On me répond : “Absolument rien, sinon on n’en serait pas là.” Je me dis quand même qu’on est déjà allé très loin pour quelqu’un qui n’a absolument rien fait.

Je dois alors vider mon casier. Loïc Perrin arrive et me regarde. En tant que capitaine, il était au courant. Je lui dis : “Loïc, tu ne dis rien ? Tu laisses faire ça ? On m’enlève du vestiaire.” Pour moi, normalement, un capitaine peut dire : “Nolan n’est pas un fou, il n’a rien fait.” Il m’a simplement répondu qu’il était désolé.

C’est difficile parce que tu finis par te dire : “J’aurais presque préféré avoir fait quelque chose.” Au moins, tu aurais une explication. Là, je ne savais pas et on ne me disait rien. Qu’on me parle d’une réduction d’effectif, je peux l’entendre. Mais de là à devoir enlever toutes mes affaires du vestiaire et ne même plus avoir le droit d’entrer normalement dans le centre d’entraînement… J’arrivais à l’entrée et on ne m’ouvrait pas la porte.

J’ai simplement contacté l’UNFP pour savoir si le club avait le droit de m’empêcher d’accéder au centre parce que, dans ces conditions, je ne pouvais plus exercer mon métier. Qu’on ne compte plus sur moi, tant pis, mais je voulais m’entraîner. J’avais 29 ou 30 ans et encore une carrière devant moi. À l’UNFP, on m’a répondu : “Non, ils n’ont pas le droit. Il faut avoir une discussion et l’enregistrer.” Mais j’ai refusé. Je ne voulais pas entrer là-dedans. Ce n’était pas moi non plus de faire ça. »


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