L’AS Saint-Étienne se déplace à Dijon ce lundi 31 août, au stade Gaston-Gérard, pour le compte de la quatrième journée de Ligue 2. Cette rencontre mettra notamment en lumière Áron Csongvai et Lenny Lacroix, deux joueurs essentiels dans l’organisation de leur équipe. Le milieu stéphanois s’est rapidement imposé comme l’un des régulateurs du jeu d’Ian Cathro, tandis que le défenseur dijonnais constitue l’un des premiers relais de la construction pensée par Baptiste Ridira.
Csongvai et Lacroix, deux zones d’influence pour une même bataille
Leurs cartes thermiques sur les trois premières journées mettent en évidence des zones d’influence très différentes. Lacroix évolue principalement dans son propre camp, depuis son secteur défensif jusqu’aux abords de la ligne médiane. Csongvai occupe, à l’inverse, un périmètre plus large et plus axial, avec une présence marquée au cœur du jeu et dans des positions plus avancées.
Ce contraste pourrait peser sur la rencontre. Si l’ASSE récupère le ballon haut, Csongvai sera bien placé pour se projeter rapidement dans l’espace laissé devant le milieu dijonnais. En revanche, si le DFCO parvient à contourner la pression stéphanoise, Lacroix pourrait jouer un rôle déterminant dans l’amorce des offensives dijonnaises.
Csongvai, un milieu qui dépasse sa fonction de sentinelle
Le début de saison d’Áron Csongvai ne se résume pas à la réussite d’un recrutement estival. Arrivé de l’AIK Fotboll le 15 juillet, le Hongrois ne se contente pas de protéger sa défense. Sa carte thermique révèle une activité importante dans l’axe, autour de la ligne médiane, mais aussi dans des zones plus avancées.
Cette répartition illustre sa capacité à évoluer à différentes hauteurs selon les phases de jeu. Csongvai peut décrocher entre les défenseurs centraux pour participer à la première relance, mais aussi se positionner plus haut, entre la première ligne de pression adverse et le milieu. Face à Dijon, sa présence dans cet espace pourrait aider les Verts à franchir le premier rideau, à condition qu’il parvienne à se retourner ou à jouer rapidement vers l’avant.
Son positionnement peut également faire la différence après une récupération haute. Immédiatement disponible dans l’axe, il peut sécuriser la première passe avant d’accélérer la transition stéphanoise.
Son influence dépendra toutefois de l’organisation choisie au milieu de terrain. La blessure de João Ferreira contre Clermont avait conduit Ian Cathro à déplacer Maxime Bernauer au poste de latéral gauche et à associer Tamar Svetlin à Csongvai dans l’entrejeu. Ce réaménagement n’avait pas perturbé le Hongrois, et le même duo avait ensuite été reconduit face à Grenoble.
Le retour attendu de Ferreira pourrait désormais rebattre les cartes. Ian Cathro devra choisir entre maintenir l’association Svetlin-Csongvai, convaincante lors des deux dernières rencontres, ou replacer Bernauer aux côtés du Hongrois pour permettre à Ferreira de retrouver son couloir. Cette décision pourrait directement influencer la liberté accordée à Csongvai dans le cœur du jeu.
Ses premières prestations confirment déjà son importance dans l’équilibre stéphanois. Titulaire lors des trois premières journées, Csongvai a participé aux trois victoires de l’ASSE : à Sochaux (0-3), contre Clermont (3-1) et face à Grenoble (4-0).
Un but, une passe décisive et une donnée importante (Jakob Breum absent)
Csongvai s’est particulièrement illustré face à Grenoble. À la 13e minute, Jakob Breum a déposé un corner au second poteau, où le Hongrois a remporté son duel aérien pour ouvrir le score de la tête. Quelques minutes plus tard, son pressing lui a permis de récupérer le ballon dans le camp grenoblois et de lancer l’action du deuxième but stéphanois.
Cette performance lui a valu le titre de joueur du match, avec une note moyenne de 8/10. Csongvai a ainsi pesé dans plusieurs secteurs, aussi bien à la récupération que sur coup de pied arrêté.
L’absence de Jakob Breum représentera toutefois un élément important lundi. Le Danois, passeur décisif sur le premier but contre Grenoble, ne pourra pas servir Csongvai dans les mêmes conditions. L’ASSE devra donc trouver d’autres solutions sur les phases arrêtées, tandis que le Hongrois pourrait être davantage sollicité dans le jeu courant.
Lacroix, un défenseur au cœur de la première relance dijonnaise
Lenny Lacroix évolue dans un registre différent. Titulaire lors des trois premières journées, le défenseur central droit reste l’un des premiers points d’appui de la construction dijonnaise.
Sa carte de chaleur montre une activité nettement plus concentrée dans son propre camp. La zone la plus dense se situe autour de son secteur défensif et s’étend vers la ligne médiane, sans présenter la même occupation haute que celle de Csongvai.
Cette donnée correspond à son rôle dans le système de Baptiste Ridira. Lacroix doit d’abord assurer la sortie de balle depuis la défense, attirer éventuellement le premier rideau adverse puis trouver une solution pour faire progresser le jeu. Sa qualité technique lui permet de rechercher un relais intérieur, de jouer vers son latéral ou de casser une ligne par une passe verticale.
Face à l’ASSE, cette première relance pourrait devenir l’un des points clés de la rencontre. Si Lacroix parvient à trouver ses relais malgré le pressing, Dijon pourrait sortir de son camp et empêcher les Verts d’installer leur récupération haute.
Le parcours du joueur explique cette qualité de relance. Produit des centres de formation de Strasbourg, Mulhouse et Metz, Lacroix a signé son premier contrat professionnel avec Metz le 18 décembre 2019. Il a fait ses débuts en Ligue 1 contre Reims en janvier 2022 avant de rejoindre Benfica B en 2022, où il a disputé 52 rencontres officielles et inscrit un but. Cette expérience portugaise a contribué à affiner son profil de défenseur relanceur.
À son arrivée en Bourgogne, Lacroix avait également souligné le rôle de Baptiste Ridira dans sa décision. Le DFCO lui a depuis renouvelé sa confiance en prolongeant son contrat jusqu’en 2028.
Une défense encore en quête de stabilité
L’influence de Lacroix intervient dans une équipe qui cherche encore son équilibre. Après trois journées, Dijon compte deux points. Le DFCO a obtenu un nul à Montpellier avant de s’incliner à domicile contre Pau, puis de concéder un nouveau nul à Clermont.
Les deux dernières rencontres ont laissé le même sentiment de frustration. À Montpellier, Dijon a encaissé un but dans le temps additionnel. À Clermont, les Dijonnais pensaient tenir leur première victoire grâce à Jordan Marié à la 90e minute avant de voir les Auvergnats égaliser une minute plus tard.
Cette fragilité ne concerne donc pas uniquement les dernières minutes. Le DFCO doit surtout parvenir à mieux maîtriser les différentes phases de ses rencontres et à éviter de subir durablement lorsque l’adversaire installe son jeu dans son camp.
Sous pression, qui prendra le dessus ?
Le premier enjeu sera donc de savoir quelle équipe parviendra à imposer sa pression et surtout à en sortir. Pour l’ASSE, la possibilité de trouver Csongvai dans l’espace situé entre la défense et le milieu dijonnais pourrait devenir une arme pour contourner le premier pressing.
Avec Svetlin à ses côtés si Cathro décide de maintenir cette association, le Hongrois pourrait disposer d’un partenaire supplémentaire pour combiner dans l’axe et maintenir une présence dans le cœur du jeu. Une récupération haute renforcerait encore cette possibilité. Csongvai pourrait alors être immédiatement disponible pour donner une première passe vers l’avant et profiter du déséquilibre créé par la perte de balle dijonnaise.
Dijon cherchera précisément à empêcher ce scénario. Lacroix aura un rôle important dès la première relance : s’il parvient à trouver rapidement ses relais et à faire sortir son équipe de la pression, les Verts auront moins de possibilités de récupérer dans des positions dangereuses.
Le défenseur devra également participer au contrôle des déplacements du quatuor offensif stéphanois. Sa lecture du jeu sera essentielle pour fermer les espaces et empêcher les attaquants de combiner facilement une fois le premier rideau franchi.
Dijon devra parallèlement surveiller les projections de Csongvai, notamment sur les phases arrêtées. Son jeu aérien reste une menace supplémentaire, même si l’absence de Breum prive l’ASSE d’un de ses principaux fournisseurs dans cet exercice.
Le scénario du match pour les départager
Le rapport de force dépendra avant tout de la capacité de chaque équipe à imposer son plan de jeu.
Si l’ASSE récupère le ballon haut, maintient Dijon sous pression et trouve Csongvai dans l’axe, le Hongrois pourrait devenir l’un des principaux accélérateurs du jeu stéphanois. Si son association avec Svetlin est reconduite, ce dernier lui offrirait un appui supplémentaire dans l’entrejeu.
À l’inverse, si le DFCO parvient à franchir proprement le premier rideau, Lacroix pourrait jouer un rôle majeur. Sa capacité à casser la première ligne de pression et à trouver les bons relais permettrait aux Dijonnais de faire remonter leur bloc tout en limitant l’efficacité du pressing stéphanois.
Ce duel à distance se jouera donc moins dans une confrontation directe que dans la maîtrise de leurs zones d’influence. Csongvai cherchera à profiter des récupérations stéphanoises pour accélérer le jeu, tandis que Lacroix tentera de donner au DFCO les moyens de sortir de la pression et de construire ses attaques.
Reste à savoir lequel des deux parviendra le mieux à tirer son épingle du jeu. Réponse lundi soir, à 20h45, sur la pelouse de Gaston-Gérard.
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