Ces images ont fait le tour des réseaux. Dans un contexte marqué par la menace de dissolution des groupes ultras stéphanois, Magic Fans et Green Angels, de nombreux collectifs de supporters, en France comme à l’étranger, ont affiché leur soutien. Une liste de 129 groupes signataires mise en place par l’Association nationale des supporters a circulé, accompagnée de messages déployés en tribunes, notamment à Fribourg : « En France, en Allemagne, partout : liberté pour les ultras ! »
La solidarité s’est également exportée sur la scène européenne, y compris lors du quart de finale retour entre le Bayern Munich et le Real Madrid disputé mercredi soir, avec plusieurs gestes de soutien face à la menace qui plane sur les groupes stéphanois.
Si la commission consultative de prévention des violences lors des manifestations sportives a rendu un avis, favorable ou défavorable, la décision finale ne lui appartient pas. Le processus va désormais se poursuivre : c’est au gouvernement, sans passage ni débat à l’Assemblée nationale, de trancher sur une éventuelle dissolution, dans une procédure qui pourrait encore s’étendre dans le temps.
Lors de la rencontre entre l’Olympique Lyonnais et FC Lorient, les Bad Gones ont affiché leur soutien aux supporters stéphanois, dont la rivalité n’est plus à présenter. Derrière cette initiative largement saluée pour sa portée symbolique, d’autres enjeux, sans doute plus stratégiques, semblent également se dessiner en filigrane, laissant planer des interrogations sur les motivations réelles derrière la banderole déployée par le groupe ultra lyonnais. Plusieurs éléments ont invité à relativiser et a questionné les supporters sur la portée de ce soutien.
Une solidarité affichée… mais contestée dans les faits
Plusieurs éléments permettent de nuancer la portée de ce soutien. Celui-ci a d’abord été suivi de chants anti-stéphanois, en décalage avec l’idée de solidarité affichée. Ce contraste peut être interprété comme le signe d’une prise de position avant tout symbolique.
Par ailleurs, les Bad Gones ne figurent pas parmi les 129 groupes signataires de la pétition portée par l’Association Nationale des Supporters. Ils ont privilégié une expression distincte, à travers une banderole déployée dans leur tribune. Ce choix peut notamment s’expliquer par une volonté de conserver la maîtrise de leur visibilité et de leur impact médiatique, là où une mobilisation collective tend à les diluer.
Dans le paysage des tribunes françaises, des groupes comme Magic Fans 1991 et Green Angels 1992 occupent une place importante dans le mouvement ultra. S’y associer, même indirectement malgré une rivalité historique, peut également contribuer à projeter une image de cohésion, dans un contexte où les tribunes cherchent à afficher une certaine unité face aux pressions institutionnelles.
Dans ce climat, une inquiétude circule également chez plusieurs groupes de supporters : celle d’une possible extension des sanctions à d’autres entités du mouvement ultra, dans un contexte où les autorités durcissent progressivement leur approche des tribunes. Face à cette perspective, l’initiative de soutien des ultras lyonnais peut également être interprétée comme relevant d’une logique de préservation plus globale du mouvement, visant à défendre l’ensemble des groupes plutôt qu’un cas particulier.
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