Stéphane Ruffier revient sur son passage en équipe de France 

Stéphane Ruffier enfile ses gants et se prépare à donner le coup d’envoi de la rencontre.
Temps de lecture : 3 min
Mis à jour le 11/02/2026 à 23:07

En mai 2014, la blessure de Steve Mandanda bouleverse la hiérarchie des Bleus et ouvre la porte de la Coupe du monde à Stéphane Ruffier. Un coup du sort qui propulse le gardien stéphanois de l’ombre à la lumière, quatre ans après l’épisode de Knysna. Retour sur un tournant décisif dans sa carrière en équipe de France.

Le jour où Ruffier a saisi sa chance chez les Bleus

C’est l’histoire d’un destin qui bascule sur un choc en apparence banal. Jusqu’à la mi-mai 2014, Stéphane Ruffier s’imaginait suivre la Coupe du monde à distance, peut-être en simple réserviste aux portes de la compétition.

Mais lors de la 38e journée de Ligue 1, tout change. Victime d’un traumatisme cervical face à Guingamp, Steve Mandanda doit observer trois semaines d’arrêt. La hiérarchie des Bleus est alors bouleversée.

Pour le gardien de l’AS Saint-Étienne, cette blessure marque le début d’une nouvelle aventure, loin du souvenir amer de 2010. À l’époque, il avait rejoint le groupe en Afrique du Sud sans vraiment vivre la compétition, simple témoin de l’épisode du bus de Knysna. Quatre ans plus tard, la situation est différente. Cette fois, il participe pleinement au FIFA World Cup. « C’est bien ma première Coupe du monde officielle », confie-t-il, heureux d’être enfin acteur.

Si son arrivée résulte d’un coup du sort, sa légitimité ne fait guère débat. Sa prestation au Stade de France face à la Norvège a rassuré. Sérieux, appliqué, solide dans ses sorties, il dégage une vraie sérénité. De quoi convaincre qu’il peut assumer le rôle de doublure d’Hugo Lloris.

En interne, les soutiens ne manquent pas. Bernard Caiazzo voit en lui un représentant digne de Saint-Étienne. Ruffier, lucide sur la hiérarchie, reconnaît la valeur de Lloris, mais ne change pas son état d’esprit : il se prépare comme un titulaire.

Discret en dehors du terrain, presque taiseux, il change de visage une fois les gants enfilés. Dans la surface, il devient un patron, un leader vocal, concentré et autoritaire. Une mentalité de compétiteur pour un gardien passé, en quelques jours, de l’ombre à la lumière. Dans les colonnes du Progrès, Stéphane Ruffier revient sur son passage en équipe de France.

Stéphane Ruffier : « Quand ils n’ont plus besoin de toi, ils ne te calculent plus »

« Avec l’équipe de France, il y a un moment où tu ne peux pas lutter contre ceux qui décident (évoque Didier Deschamps). Quand ils ont besoin de toi, ils t’appellent et ça te fait sourire. Quand ils n’ont plus besoin de toi, ils ne te calculent plus. Je n’ai pas de regrets. J’y suis allé en 2010, puis en 2014 alors que je ne devais même pas y être au départ. Je me retrouve numéro 2 parce que Mandanda se blesse. Normalement si le numéro 2 se blesse, le numéro 3 prend sa place et le numéro 4 passe numéro 3. Juste cette réponse-là, elle donne une logique. Il y a parfois des choses illogiques, mais c’est comme ça.

Être numéro 3 ? Je l’ai fait. Ça ne me dérangeait pas. On veut tous être numéro 1, mais il y avait Hugo Lloris, un très grand gardien. Moi, j’y étais, je l’assume. Le reste, ce sont souvent des ragots qui donnent une mauvaise image.

Disputer mon dernier match avec les Bleus à Geoffroy-Guichard, ça reste une belle fin. Bien sûr que j’aurais aimé jouer davantage, mais j’ai eu la chance de vivre ça. Le public m’a toujours soutenu. Au sein de la direction, non. Mais ça ne m’a pas surpris. »


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