Ligue 2 : l’ASSE à domicile face à Bastia pour finir 2025

Les joueurs stéphanois en reconnaissance de la pelouse avant l’échauffement. Photo : ASSEofficiel

Samedi 13 décembre (20h), retour au Chaudron, pour la dernière à Geoffroy-Guichard en 2025 : l’ASSE (3e, 29 points) reçoit le SC Bastia (18e, 7 points), lanterne rouge. Sur le papier, l’affiche ressemble à une évidence. Dans le contexte, elle a tout d’un match-piège, et Horneland le martèle : classement ou pas, « sur le terrain, on sait que ce sera bien différent ». D’autant que Saint-Étienne devra faire sans le soutien du Kop Nord (tribune basse Charles-Paret) fermé pour deux matchs fermes.

Une obligation de rebond… et un classement qui serre

La défaite à Dunkerque (1-0) a laissé une trace. Elle a surtout coûté du terrain dans la course aux premières places : Le Mans a gagné et est passé devant, avec un point d’avance. Les Verts sont prévenus : pour repasser devant et rester dans la roue de tête (Troyes joue lundi), il faut gagner. Sans tergiverser, et sans se faire embarquer par la nervosité d’une dernière de l’année à domicile.

Stassin, symbole attendu : des cadeaux aux anciens… puis des buts aux filets ?

Au milieu de cette semaine chargée, Lucas Stassin redevient une pièce centrale. Pas seulement pour l’image, mais parce que l’ASSE a besoin de son talent, et de son efficacité. Le club attend un geste très concret : qu’il marque à nouveau.

Cela ne lui est plus arrivé depuis le 23 septembre à Amiens (1-0), quand s’est arrêtée sa série de quatre buts en trois matches.
Depuis, le « Diablotin » s’est éloigné du onze : dernière titularisation le 25 octobre à Annecy, lors du 0-4. Son rendement, malgré 4 buts et 3 passes en 13 matches (sur 16 possibles), est jugé loin de ses standards.

Son comportement, et cette petite musique autour de sa valeur (la fameuse référence aux 26 M€ évoqués en fin de mercato), a aussi créé des crispations.
Banc, puis blessure au mollet avec les Espoirs belges, puis infirmerie… Jusqu’à ce samedi, où il est à nouveau dans le groupe. Titulaire ou impact-player, sa présence change l’équation offensive.
Bonne nouvelle également : Augustine Boakye est de retour. Et dans un match où Saint- Étienne devra peut-être forcer un verrou, son profil “facteur X” est une promesse.

Un effectif décimé, Horneland en mode bricolage assumé

C’est l’autre grande histoire de cette affiche : l’ASSE avance avec une infirmerie qui déborde et une préparation en pointillés. Horneland doit repenser ses équilibres avec une longue liste d’absents, annoncés indisponibles jusqu’en janvier 2026 : João Ferreira (quadriceps), Chico Lamba, Ebenezer Annan (cheville), Lassana Traoré, Aïmen Moueffek, Paul Eymard, Djylian N’Guessan, Joshua Duffus. S’ajoutent Pierre Ekwah, toujours malade, et plusieurs non- convoqués (Axel Dodote, Dylan Batubinsika, Jules Mouton), Batubinsika étant aussi pris par la CAN 2025 avec la RDC.

Et comme si ça ne suffisait pas, trois dossiers ont flotté jusqu’en fin de semaine : Paul Eymard, touché à l’entraînement (« il a pris un coup ») ; Irvin Cardona, malade en début de semaine et revenu seulement jeudi ; Kevin Pedro, de retour à l’entraînement jeudi après un coup reçu avec la réserve.

Dans ce décor, Horneland assume la flexibilité : appel aux jeunes, adaptation des postes (il l’a déjà fait récemment, jusqu’à repositionner Ben Old latéral). Il a retenu un groupe de 18, avec les retours de Stassin, Boakye, mais aussi Strahinja Stojkovic et Yvann Maçon.

Composition probable : Larsonneur – Appiah, Bernauer, Nadé, Old – Miladinovic, Jaber, Tardieu – Cardona, Boakye, Davitashvili. (avec, justement, Old dans un rôle inhabituel à gauche, et une tendance à voir Boakye débuter plutôt que Stassin).

Bastia arrive dernier… mais pas résigné

En face, Bastia se déplace avec l’urgence du maintien dès décembre. Les Corses vivent une saison cauchemar : seulement 6 buts marqués en 16 journées, aucune marge, et une dynamique plombée. La semaine a aussi été agitée extra-sportivement après l’interruption du match contre le Red Star (incident en tribunes), et le président Claude Ferrandi a parlé de colère, de trahison, de plaintes, et d’un manque à gagner estimé à 700 000 € depuis le retour en Ligue 2 entre sanctions et huis clos.

Mais Réginald Ray ne vend pas un renoncement : « On y va avec l’intention de faire un résultat ». Il assume le plan : solidité collective, agressivité, jeu direct, et l’idée de se nourrir du contexte adverse plutôt que de le subir. Individuellement, un nom circule : Jocelyn Janneh (23 ans), milieu défensif qui surnage dans le marasme et attire des regards pour l’hiver. Un profil à surveiller si le match devient heurté, fragmenté, et plus mental que technique.

L’histoire, l’ancien et le non-retour

ASSE–Bastia, c’est aussi un historique lourd : 59 confrontations depuis 1968, une majorité en Ligue 1, et un Chaudron rarement tendre avec les Corses (beaucoup de défaites bastiaises à Geoffroy-Guichard). Les souvenirs récents en Ligue 2 ont laissé des cartons stéphanois. Et puis il y a le clin d’œil qui n’aura pas lieu : Ayman Aiki, formé à l’ASSE, devait retrouver Geoffroy-Guichard sous le maillot bastiais. Mais il n’est pas convoqué. Son passage en Corse reste compliqué (peu de titularisations, compteur toujours bloqué), et ce retour “pour se relancer” attendra.

Une dernière à domicile pour remettre l’ordre

Entre une ASSE attendue au tournant après Dunkerque, un effectif abîmé, un kop fermé, et un adversaire dos au mur, la soirée ne promet pas forcément un match simple. Elle promet surtout un test : celui d’une équipe qui vise le haut et qui doit le prouver même quand tout s’empile contre elle. Et au bout, au-delà des calculs, Saint-Étienne veut finir l’année à Geoffroy-Guichard sur une note claire… avant d’aller défier Nice en Coupe de France.


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Gael Ogier

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