Les Verts s’imposent 2-3 à Troyes

Les Verts célèbrent le but d’Irvin Cardona. Photo : ASSEofficiel.

Sous pression après leur revers au Red Star, les Stéphanois ont trouvé les ressources pour réagir sur la pelouse du leader troyen. Portés par un Joshua Duffus étincelant et une première réussie de Kévin Pedro, les Verts ont dominé l’ESTAC avant de trembler en fin de match. Victorieux 2-3 dans la douleur, ils renouent avec le succès et s’accrochent à leurs ambitions de montée.

Au bord du doute, les Verts s’accrochent à l’idée d’un rebond

Battus le week-end précédent sur la pelouse du Red Star (2-1), les Stéphanois abordaient ce déplacement à Troyes dans un climat pour le moins tendu. En effet, malgré un large succès face à Pau quelques jours plus tôt, censé relancer la machine, l’AS Saint-Étienne peinait toujours à retrouver une véritable stabilité dans ses performances. Or, en Ligue 2, le moindre faux pas coûte cher, et la série en dents de scie des hommes d’Eirik Horneland commençait à peser lourd.

Dans ce contexte, la pression était montée d’un cran. Au fil des semaines, la frustration et les doutes avaient gagné le Chaudron, fragilisant la relation entre l’équipe et son public. Conscients qu’un nouveau revers les éloignerait un peu plus de leurs ambitions de montée, les Verts voguaient en eaux troubles. Certes, se déplacer chez le leader troyen n’avait rien d’idéal, mais cette affiche offrait aussi l’occasion rêvée de prouver qu’ils avaient les ressources mentales pour réagir.

Pour ne rien arranger, Eirik Horneland devait composer sans plusieurs cadres défensifs. En effet, Maxime Bernauer et Ferreira, tous deux blessés à l’entraînement, manquaient à l’appel. Dès lors, le coach norvégien choisissait de recomposer sa charnière centrale en lançant Kévin Pedro, 19 ans, pour sa première titularisation en Ligue 2, aux côtés de Mickaël Nadé. Un pari risqué, mais nécessaire, face à l’urgence du moment.

Ainsi, avant même le coup d’envoi au Stade de l’Aube, une certitude dominait : l’ASSE n’avait plus le choix. En somme, seule une victoire pouvait offrir un souffle nouveau à un collectif en quête de repère et, par la même occasion, redonner un peu de confiance à un entraîneur désormais sous surveillance.

Le trio stéphanois en attaque complémentaire

Dans un Stade de l’Aube bien garni, ce sont les Troyens qui donnaient le ton en lançant les hostilités. Dès les premières minutes, les locaux tentaient d’imposer un rythme soutenu, provoquant plusieurs fautes stéphanoises. De leur côté, les Verts, un brin prudents au départ, mettaient quelques instants à trouver leurs repères avant de reprendre progressivement la maîtrise du jeu.

Peu à peu, sous l’impulsion d’un Joshua Duffus omniprésent, l’AS Saint-Étienne prenait l’ascendant. Et très vite, la domination se traduisait au tableau d’affichage. À la 11ᵉ minute, sur un dégagement mal maîtrisé par la défense troyenne, Moueffek interceptait et lançait Duffus, lequel, d’une inspiration parfaite, servait Boakye dans le bon tempo. Après un contrôle orienté, le Ghanéen enchaînait du pied gauche une frappe sèche pour ouvrir le score. Un but limpide, fruit d’une transition rapide et parfaitement exécutée, symbole d’une réactivité retrouvée du bloc stéphanois.

Fort de cet avantage, le collectif d’Eirik Horneland ne relâchait pas la pression. Les Verts monopolisaient le ballon, accéléraient sur les côtés et affichaient une efficacité qu’on ne leur avait plus connue depuis plusieurs semaines. Encore une fois, Duffus se montrait partout : dans les appels, les remises, les relais. À la 29ᵉ minute, Moueffek manquait de peu le break après une situation chaude, mais les efforts stéphanois étaient bientôt récompensés.

Trois minutes plus tard, Boakye débordait sur le flanc gauche, faisait parler sa puissance et servait Moueffek dans l’axe. Si la frappe du milieu était repoussée, alors Duffus surgissait dans le bon timing pour offrir à Cardona un caviar sur la droite du but. L’attaquant ne se faisait pas prier : frappe sous la barre, imparable pour le gardien. Résultat : 2-0 pour l’ASSE, quatrième but de la saison pour Cardona et deuxième passe décisive du soir pour Duffus, véritable métronome offensif.

En face, Troyes tentait bien de réagir. El Idrissy, notamment, réclamait un penalty à la 19ᵉ minute après un contact avec Nadé, mais l’arbitre, bien placé, laissait logiquement jouer. Malgré cela, la défense stéphanoise restait solide. Sous pression, Larsonneur gérait avec autorité, tandis que le jeune Kévin Pedro, titularisé pour la première fois, se montrait irréprochable. À la 42ᵉ minute, il réalisait même un tacle décisif sur Adeline dans la surface, geste parfaitement maîtrisé qui confirmait sa maturité.

Finalement, après trois minutes de temps additionnel, l’arbitre renvoyait les deux équipes aux vestiaires. Sereins, disciplinés et tranchants, les Stéphanois rentraient à la pause avec un avantage net de trois buts, le dernier signé d’un Duffus inspiré et récompensé juste avant la mi-temps. À cet instant, l’ASSE retrouvait enfin le visage conquérant qu’on attendait d’elle.

Les Verts s’imposent dans la douleur

Le second acte reprenait sur un tout autre ton. Devant au score, les Stéphanois semblaient vouloir gérer sereinement leur avance, mais très vite, la rencontre prenait une tournure plus nerveuse. Piqués dans leur orgueil, les Troyens imposaient un pressing haut et une intensité nouvelle, obligeant les hommes d’Eirik Horneland à reculer.

Dès les premières minutes, la tension montait d’un cran. Boakye écopait d’un carton jaune (50ᵉ), avant que Larsonneur ne réalise un arrêt héroïque (56ᵉ) sur une lourde frappe d’Adeline, repoussée du visage au prix d’un véritable sacrifice. Le portier, sonné, se relevait sous les applaudissements du banc. Cependant, le répit était de courte durée : Joshua Duffus, homme fort du match, devait quitter ses partenaires, visiblement touché musculairement (58ᵉ). Une sortie directe vers les vestiaires, qui changeait clairement la dynamique de la rencontre.

Quelques minutes plus tard, Troyes trouvait enfin la faille. Après une combinaison précise entre Mille et El Idrissy, Diop se jouait de la défense stéphanoise et trompait Larsonneur d’un tir entre les jambes (62ᵉ). Le public de l’Aube s’enflammait, sentant l’espoir renaître. Dès lors, les minutes devenaient de plus en plus tendues : fautes, imprécisions et cartons s’enchaînaient côté vert. Sur son banc, Horneland, visiblement agacé, tentait de remobiliser son équipe.

À l’approche du dernier quart d’heure, les changements se multipliaient. Moueffek cédait sa place à Gadegbeku (73ᵉ), tandis que Cardona, courageux mais diminué après un tacle musclé, devait lui aussi quitter la pelouse (82ᵉ). Les entrées d’Old et de Stassin n’apportaient pas immédiatement la sérénité espérée. Poussés par un public bouillant, les Troyens jetaient leurs dernières forces dans la bataille.

Et ce qui devait arriver arriva. Ripart, de retour après une longue absence, surgissait à la 86ᵉ minute pour réduire encore l’écart. Sa frappe, d’abord contrée par Appiah, revenait dans ses pieds, et l’attaquant troyen ne manquait pas l’occasion de relancer totalement la rencontre. À 3–2, l’ASSE vacillait.

Les dernières minutes étaient irrespirables. Larsonneur s’imposait encore face à Diakité (90ᵉ+6), tandis que, sur un contre, Stassin trouvait la barre et manquait de peu le but du break. Six minutes de temps additionnel, un stade en transe, et une équipe verte accrochée à son courage : le suspense restait total.

Finalement, le coup de sifflet libérateur par monsieur Vernice. Victoire dans la souffrance, mais victoire tout de même. Les Verts, solides dans la tourmente, s’imposaient au bout d’un match haletant. Trois points arrachés plus qu’acquis, qui leur permettent de reprendre confiance et de rester pleinement dans la course au podium.


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