Ligue 2 : un début de saison plus homogène que prévu

Avec respectivement 19, 17,17, 14 et 13 points les cinq premiers du championnat de Ligue 2 réalisent un début de saison inattendu. Là où les pronostics plaçaient Saint-Etienne loin devant, la réalité du terrain montre une certaine homogénéité des équipes sur les 8 premiers matchs de la saison.

Red Star et Pau : stabilité assumée et attaque prolifique

Deux surprises donc, le Red Star (Saint-Ouen) et Pau se battaient tous deux pour leur maintien l’an passé. Pour autant, l’équipe de Seine-Saint-Denis a choisi la relative stabilité de l’effectif avec 4 recrues alignées contre Boulogne lors du dernier match. Il s’agit de recrues d’expérience, Saif-Edine Khaoui formé à l’OM et ses quelques capes en L1 ou Gaëtan Poussin, ancien gardien des Girondins.

Le Red Star s’appuie également sur des cadres ayant une parfaite connaissance du club. Damien Durand, enfant du club qui entame sa 6ᵉ saison professionnelle avec l’Étoile rouge et auteur de 4 buts en 8 matchs sur ce début de saison. De fait, Durand contribue grandement à la force des Audoniens qui s’appuient sur une attaque prolifique en parallèle d’une défense solide (14 marqués / 8 encaissés).

Rencontre de la cinquième journée de championnat opposant le Pau FC au Red Star. Crédit : Red Star Fc

En somme, un savant mélange d’association de joueurs de qualité à chaque ligne du onze. Un schéma type dont le Pau FC, dont l’attrait pour les anciens Stéphanois, paraît également être client. Des expérimentés caractérisés par l’ancien capitaine des Verts Anthony Briancon, l’attaquant Antonin Bobichon ou l’ancien Grenoblois Jordy Gaspard qui cadrent de jeunes fougueux comme Omar Sadik mais aussi Rayan Messi. Le bilan statistique est somme toute assez proche de celui du club du 93 avec 13 marqués pour 7 encaissés.

Une question demeure pour ces deux équipes : si leurs bilans sont globalement positifs – 5 victoires, 1 nul et 2 défaites (16 points) pour le Red Star, et 5 victoires, 2 nuls et 1 défaite (17 points) pour Pau – pourront-elles maintenir ce rythme ?

Faut-il y voir une constance solide ou plutôt un état de sur-régime, alors que la saison n’en est encore qu’à ses débuts ?

Un premier élément de réponse arrivera rapidement : en l’espace d’une semaine, lors des 12ᵉ et 13ᵉ journées, l’ASSE recevra le Pau FC avant de se rendre dans la chaude atmosphère de Bauer pour y défier le Red Star.

Reims et Troyes, deux outsiders aux ambitions affirmées

Commençons par le Stade de Reims, le moins bien classé des 5 clubs dont nous sommes amenés à discuter. Descendu avec Saint-Étienne l’an passé, Reims a su recruter intelligemment. Nicolas Pallois d’abord, qui a pris le rôle de leader dans le vestiaire champenois mais aussi sur le terrain. Antoine Leautey, courtisé il y a quelques années par l’ASSE, ou encore Yohan Demoncy, ancien d’Annecy.

Les pensionnaires d’Auguste Delaune peuvent aussi s’appuyer sur un effectif déjà conséquent et de qualité : le virevoltant Japonais Keito Nakamura, le buteur danois Mohammed Daramy (blessé sur les premiers matchs) ou encore Teddy Teuma qui avait fait douter les Stéphanois (le 20/09/2025, ASSE 3-2 STDR). Avec 4 victoires, 2 nuls et 2 défaites, les Rémois sont dans la course pour atteindre les sommets de la L2. Encore une fois, l’attaque est primordiale avec 12 buts marqués en 8 matchs pour seulement 9 encaissés. La victoire des Verts le 29 septembre dernier laisse tout de même penser à une supériorité effective des Stéphanois sur leur concurrent direct, du moins pour le moment.

Les joueurs du Stade de Reims face à l’AS Nancy-Lorraine, lors de la rencontre disputée au stade Marcel-Picot à Nancy. Crédit : Stade de Reims.

Mais, le concurrent le plus dangereux sur ce début de saison n’est autre que Troyes. Ils avaient terminé 10ᵉˢ l’an passé et, pire, avaient été repêchés il y a deux ans, lors de la saison à quatre descentes. Alors que dire de ce début de saison pour l’ESTAC ? Peu de choses si ce n’est le caractère quasi idéal de celui-ci.

Le club affilié à City Football Group est simplement la meilleure attaque de Ligue 2 (ex-aequo avec Sainté) mais aussi la meilleure défense (ex-aequo avec Pau) du championnat. Avec 14 buts inscrits sur les 4 derniers matchs, Troyes survole le mois de septembre à l’image de son joueur clef, Jaurès Assoumou, auteur de 4 buts en 8 matchs, et de son compère d’attaque Tawfik Bentayed (4 matchs, 3 buts et 1 passe décisive). Les Aubois croiseront le chemin de nos Verts le 8 novembre, chez eux, avant de découvrir l’enfer vert de Geoffroy Guichard 3 matchs avant la fin de saison, autour du 24 avril 2026.

Les Verts dans tous ça ?

Saint-Etienne a un bilan de qualité malgré la déroute contre Guingamp. 5 victoires, 2 nuls et une défaite, deux nuls frustrants et une défaite rageante mais pas illogique contre Guingamp. Étrangement Saint-Etienne réussi mieux à l’extérieur avec 10 points engrangés sur 12 possibles contre seulement 7 points à domicile pour 12 possibles également.

Comment expliquer cela pour une équipe qui visait pourtant à faire de Geoffroy Guichard une forteresse imprenable. Comme l’an dernier ce n’est sans doute pas en raison des lignes offensives avec 17 buts en 8 matchs les verts sont plus que prolifiques, meilleur total pour le moment avec Troyes. Mais c’est bien en défense où les verts sont à la traîne, 10 buts encaissés soit autant que Rodez (9e), Clermont (10e), Le Mans (13e) et Grenoble (16e). Rien de catastrophique mais ce sont seulement 7 clubs qui font moins bien que les foréziens cette saison.

Les joueurs de l’AS Saint-Étienne opposés au Clermont Foot, lors de la rencontre disputée au stade Gabriel-Montpied à Clermont-Ferrand. Crédit : ASSE. 

Plus inquiétant encore, les trois derniers matchs de nos joueurs qui ont eu soit du mal à s’adapter au niveau de l’adversaire ou bien à maîtriser ses émotions. Deux cas donc qui nous pouvons illustrer par le match contre Amiens et celui contre Guingamp. Le premier dans la Somme a montré un adversaire d’une grande faiblesse mais un Saint-Etienne calqué sur le niveau de son opposant. Quelques jours plus tard, Guingamp n’a pas montré grand chose non plus mais une efficacité déroutante a suffit à faire dégoupiller complètement les jours stéphanois à l’image des réactions sur le deuxième but breton et la regrettable exclusion de Bernauer sur le troisième.

Pour autant pas de crise à Saint-Etienne, nous le disions le bilan reste cohérent mais il faudra réagir samedi contre le MHSC. Pour ce faire, il faudra faire sans Bernauer élément essentiel de premiers matchs et avec un Montpellier en dent de scie.


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Walack Pier Paolo ⎜Content Manager
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