À Reims, l’ASSE tombe malgré le nombre et s’enfonce dans le doute

Aïmen Moueffek, joueur de l'ASSE, au duel avec Theo Leoni joueur Rémois.
Temps de lecture : 6 min

Relégués de Ligue 1 la saison passée, le Stade de Reims et l’AS Saint-Étienne se retrouvaient ce vendredi soir pour un duel à fort enjeu en Ligue 2. Dans un Stade Auguste-Delaune bien garni, l’affiche opposait deux candidats déclarés à la remontée, avec une opportunité claire de se rapprocher du podium après les faux pas de Troyes et du Red Star.
En supériorité numérique pendant plus d’une demi-heure, les Verts ont pourtant manqué l’occasion de frapper un grand coup, concédant une défaite frustrante qui pourrait peser lourd dans la course à l’accession.

Ce choc avait des airs de revanche. Relégués de Ligue 1 la saison passée, Stade de Reims et l’AS Saint-Étienne se retrouvaient ce vendredi soir pour un duel à fort enjeu en Ligue 2. À Stade Auguste-Delaune, l’affiche opposait deux candidats déclarés à la remontée, dans un contexte favorable après les faux pas de Troyes et du Red Star quelques heures plus tôt.

Dès lors, l’enjeu dépassait le simple cadre de la 20ᵉ journée. Cinquièmes au coup d’envoi, les Rémois avaient l’opportunité de se rapprocher du podium. De leur côté, troisièmes, les Stéphanois pouvaient frapper un grand coup dans la course à l’accession directe. Autrement dit, chaque point pesait lourd, dans un championnat plus serré que jamais.

Sur le papier, les ingrédients étaient réunis pour un match ouvert. Le souvenir du spectaculaire 3-2 de l’aller restait dans les têtes, d’autant que les deux équipes figuraient parmi les formations les plus joueuses de Ligue 2. Reims comme Saint-Étienne cherchaient à imposer le rythme, à avancer, à jouer haut. Dans ce contexte, la rencontre s’annonçait autant comme un test de maturité que comme un révélateur d’ambitions.

Une maîtrise stéphanoise sans tranchant

La rencontre démarre sur un tempo élevé. Dès les premières secondes, l’AS Saint-Étienne se projette vers l’avant avant de s’exposer immédiatement aux transitions rémoises. Une première alerte sérieuse donne le ton d’un début de match ouvert, mais déjà fragile dans les équilibres.

Très vite, les Verts tentent de poser le pied sur le ballon. Malgré un coup dur précoce avec la sortie sur blessure de Jaber, remplacé dès la 9ᵉ minute, les Stéphanois conservent leur intention de jeu. Progressivement, ils s’installent dans le camp adverse, multiplient les séquences de possession et les circuits courts. Toutefois, cette domination reste longtemps stérile.

Face à eux, les Rémois accepte de subir par séquences avant de ressortir proprement. Ibrahim, Nakamura ou encore Akiémé tentent d’exploiter les espaces laissés en transition, mais la défense stéphanoise tient bon, à l’image d’un Lamba solide dans les duels et bien placé dans sa surface.

Côté occasions, Saint-Étienne se montre le plus entreprenant. Boakye, bien servi par Stassin ou Old, se procure plusieurs situations, sans toutefois trouver la précision nécessaire pour inquiéter durablement Jaouen. El Jamali et Tardieu tentent également leur chance, souvent après de belles combinaisons, mais les frappes manquent de justesse ou de puissance. À l’inverse, Reims se montre dangereux par à-coups, notamment sur coups de pied arrêtés et centres mal renvoyés, sans parvenir à faire la différence.

Dans une première période hachée par quelques fautes et avertissements, le rythme ne retombe jamais vraiment. Les Verts affichent 55 % de possession à la pause, signe d’un certain contrôle, mais sans véritable domination dans les zones décisives. « On fait une bonne première mi-temps dans l’ensemble, mais il faudrait plus de folie », glisse Florian Tardieu au micro de beIN Sports, soulignant aussi que les pertes de balle pourraient coûter cher face à une équipe rémoise dangereuse en transition.

À la pause, le score reste nul et vierge. Un constat logique au vu des débats : une première période maîtrisée par Saint-Étienne dans le jeu, mais encore trop timide dans l’efficacité, face à des Rémois solides et patients, prêts à sanctionner la moindre erreur.

Une supériorité numérique sans réponse

La seconde période repart sur un rythme élevé. Le Stade de Reims se projette immédiatement vers l’avant et tente d’imposer la pression, multipliant les centres et les situations confuses dans la surface. Les Rémois réclament même un penalty dès les premières minutes, sans obtenir gain de cause.

Peu à peu, le match bascule. À la 55ᵉ minute, Tia est logiquement expulsé après une intervention dangereuse sur El Jamali. L’AS Saint-Étienne se retrouve alors en supériorité numérique pour plus d’une demi-heure. Le contexte semble idéal pour prendre le contrôle définitif de la rencontre.

Pourtant, ce sont les Champenois qui continuent de se montrer les plus tranchants. Malgré l’infériorité, Reims reste compact, agressif, et dangereux en transition. Larsonneur doit s’employer à plusieurs reprises, notamment devant Ibrahim, tandis que les Verts peinent à accélérer le jeu et à déséquilibrer le bloc adverse.

Saint-Étienne a bien des occasions. La plus nette intervient à l’heure de jeu, lorsque Old intercepte une erreur rémoise dans les six mètres. Mais Jaouen sort vite, puis un défenseur sauve sur sa ligne dans la continuité. Un tournant. Derrière, les Stéphanois s’installent dans le camp rémois, mais sans justesse dans le dernier geste ni lucidité dans les choix.

Et comme souvent dans ce type de scénario, le manque d’efficacité se paie cash. À la 70ᵉ minute, un centre anodin se transforme en coup de billard dans la surface. Le ballon revient sur Ibrahim, qui ajuste Larsonneur à bout portant. Reims prend l’avantage contre le cours du jeu.

Dès lors, le match se fige. Les Verts poussent, mais sans rythme ni inspiration. Les centres s’enchaînent, les décisions arbitrales frustrent, et les occasions franches se font rares. Même le temps additionnel, long de sept minutes, ne change rien à la dynamique. La fébrilité s’installe, jusqu’à une dernière main sifflée dans la surface rémoise, sans conséquence.

Au coup de sifflet final, Saint-Étienne s’incline à Auguste-Delaune. Une défaite lourde de sens, concédée en supériorité numérique, qui laisse les Verts à la quatrième place et accentue le malaise. Faute de tranchant et de maîtrise dans les moments clés, la soirée rémoise pourrait bien marquer un tournant.

Rien ne semble aller dans le sens des Verts au fil de la rencontre. Rapidement, AS Saint-Étienne perd des forces vives dans chaque ligne, avec la sortie sur blessure de Jaber, puis celle de Lamba, tout juste revenu après son absence face à Clermont. Des coups durs successifs qui fragilisent un collectif déjà en manque de certitudes.

Malgré un clean sheet longtemps préservé, Saint-Étienne finit par céder et voit sa situation se compliquer. Au classement, les Verts glissent à la quatrième place et s’éloignent d’une remontée qui ne s’annonce ni simple ni linéaire. Les occasions manquées et le manque de tranchant pèsent lourd dans l’analyse.

Au micro de beIN Sports, Gautier Larsonneur laisse transparaître une forme de déception. Le capitaine évoque un cruel manque de réussite, mais aussi une prestation jugée insuffisante, estimant que l’équipe n’est pas encore au niveau attendu par les supporters et par l’objectif affiché.

Les Verts repartent ainsi de Champagne avec un sérieux mal de crâne. Une chose est sûre : la réaction est attendue. Dès la semaine prochaine, Saint-Étienne retrouvera Stade Geoffroy-Guichard pour un nouveau rendez-vous face à US Boulogne, avec l’obligation de montrer un tout autre visage.


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